Dirigeants, gouvernance
Dirigeants, gouvernance
Le CAC 40 mise sur la séniorité face aux tensions géopolitiques et économiques / Un record européen en termes de féminisation
L’année 2024 aura marqué un tournant notable dans la composition des conseils d’administration du CAC 40, à en croire la 9e édition de l’étude Board Monitor Europe, menée par le cabinet Heidrick & Struggles. Sur les 216 administrateurs nommés l’année dernière, plusieurs tendances fortes ont émergé.
Premier signe de changement : la part des primo-accédants progresse, passant de 23 % à 27 % en un an. Un signal encourageant en matière de renouvellement générationnel, même si ce chiffre reste encore loin des niveaux observés avant la crise sanitaire, 45 % en 2020.
Autre évolution significative : la part des administrateurs occupant une fonction opérationnelle en parallèle de leur mandat poursuit sa baisse, représentant désormais 59 % des nouvelles nominations, contre 65 % en 2023 et 74 % en 2022. En parallèle, les conseils se sont entourés de profils chevronnés : 62 % des nouveaux administrateurs possédaient une expérience de direction générale, 70 % à l’international et 26 % disposaient d’une expertise financière. Des compétences particulièrement recherchées dans un contexte économique instable. "Dans un monde secoué par de multiples crises et des défis immenses : géopolitique, commerce mondial, enjeux climatiques et sociétaux, accélération technologique, les entreprises ont ressenti le besoin de renforcer leurs conseils d’administration avec des compétences chevronnées de direction générale. C’est l’enseignement principal de notre étude : une volonté de renforcer la séniorité des conseils d’administration grâce aux compétences de direction générale des administrateurs qui pourront le mieux soutenir et challenger les directions d’entreprise et les guider dans la définition de la stratégie ", commente Sylvain Dhenin, associé et co-responsable pour l’Europe et l’Afrique des activités de recrutement de CEOs et d’administrateurs chez Heidrick & Struggles.
En revanche, la proportion d’administrateurs issus des fonctions opérationnelles est restée stable à 16 %, bien que ce parcours demeure la voie principale vers les plus hauts postes exécutifs du CAC 40.
Enfin, la dynamique la plus marquante est sans doute celle de la féminisation. La part de femmes parmi les nouveaux administrateurs a atteint 57 % en 2024, contre 51 % l’an dernier - un record européen, devant l’Italie (54 %) et le Portugal (56 %). "Si la diversité doit encore progresser dans les conseils d’administration du CAC 40, la forte montée en puissance des profils féminins témoigne d’un changement culturel qui s’est ancré durablement et qui dépasse largement la seule volonté des entreprises de se conformer à la loi Copé-Zimmermann. Les entreprises utilisent de plus en plus les postes d’administrateur pour développer leurs dirigeantes et leur ouvrir l’accès à leurs comités de direction (dans le contexte de la loi Rixain). Cependant, il reste d’importants progrès à réaliser : les administratrices ont, aujourd’hui, peu accès aux comités les plus rémunérateurs et les plus stratégiques au sein des conseils, tels que, par exemple, le comité d’audit et il y a encore peu de femmes présidentes. Le changement est en marche, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre une égalité réelle dans la distribution du pouvoir au sommet des entreprises", ajoute Hervé Borensztejn, associé d’Heidrick & Struggles et responsable des activités de conseil en leadership (Heidrick Consulting) en France.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

