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Lazard
Les fonds activistes ont déjà frappé fort au premier semestre / De New York à Tokyo, les conseils d’administration sous pression
Ils n’ont pas levé le pied. Selon la dernière étude semestrielle sur l’activisme actionnarial de Lazard, au cours des six premiers mois de l’année, les activistes ont lancé pas moins de 150 nouvelles campagnes dans le monde, un niveau en ligne avec le record atteint un an plus tôt de 153, et une hausse de 23 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Amérique du Nord : les conseils d’administration en ligne de mire
Sans surprise, les États-Unis mènent la danse avec 70 campagnes, en hausse de 13 % sur un an. À elles seules, elles expliquent l’essentiel de la croissance de 17 % observée en Amérique du Nord, Canada compris, note Lazard. La priorité des activistes y a été claire : reprendre le contrôle des conseils d’administration. 57 % des campagnes visaient en effet un changement de board. Et force est de constater que leurs requêtes ont abouti : 75 sièges ont été remportés par les activistes au premier semestre, égalant déjà le total annuel de 2024, "en bonne voie pour un record à court terme", estime la banque d’affaires. Le tout, dans 91 % des cas, sans aller jusqu’au vote, grâce à des accords négociés directement avec les entreprises.
Aux États-Unis, la tech est restée le secteur favori (26 % des campagnes), suivi de l’immobilier, en forte progression. Les petites capitalisations (inférieures à 5 milliards de dollars) ont concentré 70 % des campagnes, bien au-delà de leur poids dans les indices boursiers. Une surreprésentation qui reflète leur vulnérabilité en période de volatilité et leur retard de performance, constate Lazard.
Asie-Pacifique : le Japon en pleine révolution actionnariale
Longtemps discret, l’activisme en Asie prend une nouvelle dimension. Le rythme est resté soutenu avec 42 campagnes, dont 34 rien qu’au Japon, un quasi-doublement par rapport à la moyenne historique des cinq dernières années. Fait inédit, les fonds étrangers sont désormais majoritaires dans l’activité (44 %), bousculant un écosystème historiquement dominé par les acteurs locaux.
Les campagnes japonaises ont avant tout ciblé l’allocation du capital (41 %), mais les thèmes de gouvernance et de renouvellement des conseils montent en puissance par rapport à la même période l’année dernière.
Europe : une pause dans la course, mais des signaux d’évolution
L’Europe, en revanche, connaît une accalmie : 30 campagnes ont été recensées au premier semestre, en recul (-23 %) après deux années exceptionnelles. Le Vieux continent n’en reste pas moins un terrain fertile. Le Royaume-Uni est toujours la première cible (33 % des campagnes), mais perd du terrain au profit de l’Italie, qui voit sa part grimper à 10 %, contre 6 % en moyenne historique. France et Allemagne restent stables (13 % de l’activité).
Côté secteurs, la santé prend le leadership (20 % des campagnes), détrônant les industries et la finance, en net repli (10 % et 3 % respectivement). L’activisme centré sur les fusions-acquisitions ralentit également, ne représentant plus que 30 % des campagnes (contre 39 % en 2024), tandis que la pression pour changer les dirigeants monte en flèche : 17 % des campagnes visaient un remplacement à la tête de l’entreprise, contre seulement 6 % l’année dernière.
Les hedge funds dominent plus que jamais (73 % des campagnes), et les nouveaux entrants se sont faits plus rares (23 %). Autre signe d’essoufflement : l’activisme en série, où plusieurs fonds ciblent une même entreprise, quasiment absent sur les six premiers mois d’année après avoir culminé à près de 20 % des cas en 2023 et 2024.
Les poids lourds toujours aux commandes, mais les nouveaux venus résistent
Sur le terrain, les noms connus tiennent toujours le haut de l’affiche. En tête : Elliott, qui signe des campagnes dans chaque grande région (4 en Amérique du Nord, 2 en Europe, 1 en Asie), et Oasis Management, particulièrement actif en APAC. Les deux fonds comptent chacun 7 campagnes à leur actif ce semestre.
Mais la relève pousse. Près de 42 % des activistes engagés sur cette période étaient des primo-intervenants.
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