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Macro-économie / Taux

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Le FMI appelle la France à rationaliser sa dépense publique courante / Et des réformes pour améliorer la productivité ne seraient pas de trop

A quelques heures de la présentation par le Premier ministre François Bayrou de ses orientations budgétaires, l’institution de Washington a publié son état des lieux des finances publiques hexagonales.
François Bayrou, Premier ministre - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
François Bayrou, Premier ministre - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Sacré hasard du calendrier. Alors que le Premier ministre François Bayrou doit dévoiler cet après-midi à partir de 16 heures ses orientations en matière de finances publiques, le Fonds monétaire international (FMI) vient de révéler son évaluation de la situation budgétaire française (au titre de l’article IV, elle a lieu une fois par an). Cela fait suite à une réunion s’étant tenue vendredi dernier du conseil d’administration de l’institution de Washington qui s’est appuyé sur la mission menée par ses économistes dans l’Hexagone en mai.

"Les administrateurs ont estimé que les plans d’ajustement budgétaire des autorités sont appropriés pour amorcer une trajectoire de réduction de la dette, et ont insisté sur la nécessité d’adopter un ensemble de mesures supplémentaires bien conçues et crédibles pour soutenir cet ajustement à l’avenir", rapporte l’organisation. A législation inchangée, le FMI anticipe que le déficit public de la France s’établira à 5,7 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2026, ce qui suggère un effort de 33 milliards d’euros pour atteindre la cible du gouvernement à 4,6 % (l’exécutif l’estime plutôt à 40 milliards d’euros). En 2027, la situation devrait encore s’aggraver avec un déficit public à 6 %, quand le gouvernement souhaite qu’il soit limité à 4,1 % du PIB, cela implique donc un effort de près de 60 milliards d’euros sur deux ans.

Les administrateurs du FMI soulignent "l’importance de poursuivre le dialogue et le consensus pour faire avancer les réformes budgétaires et structurelles, dans un environnement national et international difficile, tout en assurant équité et justice sociale". Alors que l’année blanche (gel des dépenses publiques en valeur quand c’est techniquement possible) semble avoir le vent en poupe, le gouvernement devra être très précautionneux quant à la variante utilisée dans un tel dispositif car cela peut avoir des effets anti-redistributifs.

Plus globalement, les "administrateurs ont convenu que la consolidation budgétaire devrait privilégier la rationalisation des dépenses courantes, avec une action concertée à tous les niveaux de gouvernement : central, local et sécurité sociale, et ont appelé à la mise en place de plans de contingence solides". Rappelons que les dépenses de l’Etat représentent 30 % de la dépense publique, contre 20 % pour celles des collectivités locales et 50 % pour celles des administrations de Sécurité sociale.

Enfin, les administrateurs ont mis en avant "l’importance d’augmenter la productivité pour soutenir les perspectives économiques tout en facilitant la consolidation budgétaire". Fin 2024, la productivité française restait en-dessous de son niveau pré-pandémie. Elle a fait son retour en territoire de croissance depuis 2023 (1,3 % par an) mais demeure significativement en-dessous de sa trajectoire tendancielle.

Le FMI a salué les efforts en cours pour "mieux cibler les aides d’État et les dépenses en R & D, améliorer l’accès au financement pour les entreprises productives, et réduire les charges réglementaires".

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