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Indicateurs macros / Macro-économie
L’OCDE mitigée sur les perspectives économiques
Le ministre de l’Economie et des Finances, Michel Sapin a réaffirmé ce matin les objectifs de croissance pour la France en 2017. Ainsi, « je peux confirmer très clairement qu'une prévision de croissance de 1,5% en 2017 est aujourd'hui parfaitement raisonnable », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse à Lisbonne. Et ce, malgré les incertitudes politiques qui pèsent sur le pays. Rappelons tout de même que l’an dernier, le gouvernement tablait sur une croissance du PIB de 1,4% alors qu’elle s’est finalement élevée à 1,1% sur l’année. Trop optimiste, le gouvernement français ? Peut être, car en attendant, l’OCDE est un peu plus mitigée dans son rapport sur les perspectives économiques intermédiaires dans le monde publié aujourd’hui. En effet, l’économie mondiale pourrait ne pas être assez solide pour faire face à différentes sources de risques.
Ainsi, tout en maintenant ses prévisions de croissance mondiale de 3,3% en 2017, l’OCDE considère que cette augmentation globale pourrait être plus modeste l’an prochain, autour de 3,6%. Ainsi, l’OCDE souligne que cette reprise de l’économie est notamment liée à « un ensemble d’initiatives budgétaires dans les principales économies » citant la Chine, le Canada et les Etats-Unis. Vient s’ajouter à cela l’action publique en zone euro qui « s’annonce légèrement plus expansionniste et qui pourrait être plus ambitieuse encore ». Malgré cela, l’OCDE alerte sur des perspectives économiques assombries par différents risques ces prochaines années.
Et ils sont nombreux, à commencer par la recrudescence du protectionnisme dans le monde. Cela aurait en effet des conséquences non négligeables sur la croissance mondiale mais aussi sur le niveau d’emplois concernés par le commerce international. Sans nommer la politique de Donald Trump, les économistes de l’OCDE craignent que les politique de retour sur soi et notamment les ajustements tarifaires dans le commerce international puissent entraîner des déséquilibres non justifiés pour certains pays. Autre zone de risque identifiée par l’OCDE, le niveau élevé des valorisations boursières. Ces dernières apparaissent déconnectées des perspectives de l’économie réelle, pariant plus sur le stimulus économique prévu par le programme de Donald Trump. L’OCDE rappelant ainsi que, les moteurs de croissance réelle, que sont la hausse de la consommation et de l’investissement « restent en demi-teinte ». Par ailleurs, l’organisme international relève le risque supplémentaire de voir les marchés financiers se tendre face aux ajustements des taux d’intérêts dans le monde. Du coté des pays émergents, là aussi l’OCDE alerte sur le risque de vulnérabilité financière. En effet, la croissance rapide du crédit du secteur privé et le niveau élevé de l’endettement dans certains pays, comme la Chine, représentent des risque réels pour l'économie avec un arrêt brutal, toujours possible, de la consommation et de l’investissement dans ces pays.
Au final, l’image dressée ce jour par l’OCDE reste assombrie par une hausse insuffisante du PIB et des inégalités marquées qui ne cessent depuis la crise de s'accentuer. « Les gouvernements doivent, plus que jamais, prendre des mesures pour rétablir la confiance des citoyens tout en résistant à la tentation du repli ou du démantèlement des avancées déjà obtenues grâce à une meilleure coopération internationale », rappelle ainsi le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría.
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