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En mettant sa stratégie à jour, Bpifrance affirme son statut de cabinet de conseil pour les PME et ETI / Une direction conseil prête à ouvrir un nouveau chapitre d'impact
Un dirigeant de PME ne s’approche pas de la même manière qu’un autre à la tête d’une plus grande entreprise, surtout lorsque cette approche est en provenance d’un cabinet de conseil. Trop cher ou sans valeur ajoutée reconnaissable : la psychologie et la perception des entrepreneurs à cet égard sont particulières, a-t-il été rappelé jeudi par Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, lors de la présentation du bilan annuel de sa direction de l’accompagnement. Une direction d’ailleurs désormais renommée "direction conseil", a annoncé la banque publique d’investissement par la même occasion. Son modèle a été repensé pour offrir davantage de lisibilité aux offres existantes, articulées autour de quatre parcours adaptés à chaque étape de développement.
Soit l’apprentissage (grâce aux formations), les diagnostics ciblés (associés à des plans d’action), la décision (avec des missions de conseil pour se pencher sur les fondamentaux ou sur des expertises spécifiques) et enfin le changement, au travers de l’intégration d’un accélérateur sectoriel, régional, ou thématique. Le tout à l’aide d’une présence digitale renforcée pour s’assurer d’une meilleure visibilité auprès des entrepreneurs et d’un accent mis sur la transformation de la performance opérationnelle, de l’innovation, de la capacité à exporter et sur la transition climatique. "Nous l’assumons pleinement : ce que nous proposons est du conseil", a ajouté le dirigeant de Bpifrance. "Nous ne sommes pas un cabinet de conseil comme les autres. Ce sont les mêmes activités, mais nous le faisons différemment. Environ 80 % de l’offre en la matière est concentrée sur Paris et Lyon, le reste du territoire n’est pas couvert. Et ces structures sont organisées pour accompagner de grands groupes, leurs filiales ou de grosses ETI. Le cœur de notre métier est régional", a aussi ajouté Matthieu Heslouin, directeur exécutif en charge du conseil chez Bpifrance.
Des particularités
De fait, dès sa création, la banque avait posé le constat suivant : les dirigeants de PME et d’ETI sont généralement isolés. De plus, ce sont des entrepreneurs, souvent peu enclins à demander de l’aide. Conseil, formation, mise en réseau : depuis 2015, Bpifrance a donc structuré une offre d’accompagnement articulée autour de ces trois piliers. Il restait néanmoins à aller convaincre ces entreprises. En s’appuyant sur un vivier de près de 700 consultants habilités et répartis sur l’ensemble du territoire français, la banque s’attache ainsi à proposer aux entreprises des profils rassurants.
Ils ont 54 ans en moyenne, dix ans d’expérience opérationnelle à des postes clés en entreprises et une posture adaptée à ces dirigeants. Preuve que cela a fonctionné : avec près de 8 700 missions déployées en 2024, la banque a réaffirmé son statut de premier cabinet de conseil aux PME et ETI. Outre les missions de conseil, les diagnostics d’action ou d’innovation viennent compléter l’action en conseil de la banque. Elle est donc assortie d’offres de formation, réalisées en partenariat avec de grandes écoles ou au travers d’une plateforme libre d’accès, qui sont regroupées sous la bannière Bpifrance Université, mais aussi de l’offre de mise en réseau. Quelque 30 000 dirigeants ont ainsi été formés au fil de l’année écoulée.
Les accélérateurs de la banque, sélectionnant une cohorte de 20 à 30 dirigeants selon certains enjeux thématiques spécifiques, taille d’entreprise, région ou industrie, sont un exemple de cette proposition à 360 degrés. Pour un prix allant de 20 000 euros à 100 000 euros, ces programmes d’un à deux ans permettent par exemple de profiter de l’ensemble des piliers du conseil de la banque. Parmi eux, entre autres : une mission d’une dizaine de jours permettant de faire un état des lieux des chantiers à mener, de missions de conseil plus ponctuelles sur des leviers de performance prioritaires réalisées par les consultants du vivier du groupe, des journées de formation et la mise en réseau avec les autres chefs d’entreprises participants. De quoi activer des leviers d’accompagnement personnel et collectif.
Bilan prolifique
Résultat : depuis 2015, 5 500 entreprises ont été "accélérées", dont 1 000 en 2024. Ces programmes génèrent plus de 5 % de chiffre d’affaires supplémentaire, en moyenne, trois années après l’entrée des dirigeants et plus de 10 % d’emplois en temps plein, selon une étude réalisée par Bpifrance Le Lab et la Direction générale des Entreprises à paraître. De nouveaux d’entre eux seront donc lancés en 2025, par exemple sur la thématique "IA et industrie", ou encore sur celle de l’économie circulaire. De même, la deuxième promotion de l’accélérateur "défense" sera au programme, tout comme le renforcement de l’un des programmes fondateurs de la direction conseil, l’accélérateur ETI, qui fera son retour sous une forme repensée.
Si l’offre de conseil de Bpifrance n’est pas gratuite, elle est en partie subventionnée par la banque publique d’investissement, afin de pouvoir proposer un prix bonifié aux entrepreneurs. Une activité qu’elle finance sur son propre bilan, ou grâce à des fonds publics – provenant notamment des dividendes qu’elle reverse à l’État – lorsqu’ils sont mis à disposition. "Nous vendons de plus en plus de services de conseil à des clients non bancaires", a également souligné Nicolas Dufourcq, remarquant que ce métier de la banque pouvait être une première étape d’approche avant de leur proposer celui du crédit, puis de fil en aiguille, si nécessaire, celui de l’investissement. "Ce n’est pas de la diversification, c’est un métier complètement central", a poursuivi le directeur général de Bpifrance. Et ce notamment au regard du mandat stratégique de réindustrialisation et de décarbonation de l’économie de la banque. Bpifrance couvre en effet aujourd’hui une PME industrielle française sur deux, grâce à ses différents métiers. L’objectif sera d’atteindre un taux de 70 % à l’échelle du groupe, au travers de l’ensemble de ses dispositifs. Une porte d’entrée de conseil donc opportune pour y parvenir.
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