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Peugeot Invest entre dans une nouvelle ère / Jean-Charles Douin dévoile la stratégie d’investissement de la société
Du changement chez Peugeot Invest. C’est une assemblée générale des actionnaires importante qui s’est tenue ce mardi matin pour la société d’investissement représentant les intérêts de la famille Peugeot. D’abord, elle a été marquée par un changement de génération à sa tête. Edouard Peugeot a officiellement succédé à Robert Peugeot, ce mardi, à la présidence non-exécutive du conseil d’administration, ce dernier devenant quant à lui président d’honneur.
Une évolution, pas une révolution
Mais le rendez-vous annuel fut aussi l’occasion pour le nouveau directeur général de la société, Jean-Charles Douin, de présenter la nouvelle feuille de route de Peugeot Invest. Il faut dire que ces dernières semaines, la société a multiplié les annonces. Elle s’est en effet engagée aux côtés de Charterhouse Capital Partners pour un investissement minoritaire de 105 millions d’euros pour plus de 19 % des parts de Novétude, un groupe de formation aux métiers de la santé. La semaine dernière, c’est un investissement de 125 millions de dollars dans BroadStreet Partners, un leader du courtage d’assurance en Amérique du Nord, qui a été annoncé. Ce lundi, Peugeot Invest a fait savoir qu’elle cédait sur le marché secondaire un ensemble de 35 fonds de capital-investissement, gérés par 22 sociétés de gestion, pour un montant total d’environ 227 millions d’euros. "Chez Peugeot Invest, nous investissons pour créer de la valeur durable, alliant une croissance de la valeur de nos actifs, une hausse du cours de Bourse et une rentabilité du titre qui progresse, mais tout cela de façon régulière, pérenne et responsable sur le temps long", a expliqué Jean-Charles Douin, en introduction de sa présentation, martelant, "nous diversifions nos investissements avec méthode pour renforcer notre solidité. Diversifier, c’est aussi nous assurer que nous avons un portefeuille à la fois varié et qui n’a pas de concentration excessive ".
Une nouvelle stratégie qu’il faut voir, selon lui, comme une évolution et non comme une révolution "mais elle contient quand même quelques choix très forts", a-t-il souligné.
Des choix à faire
Celle-ci s’articule donc autour de cinq axes. Le premier : un recentrage sur le cœur de métier de la société d’investissement, et notamment sur trois classes d’actifs, à savoir les participations cotées, celles non cotées et les fonds d’investissement. "Se concentrer, cela veut dire aussi laisser tomber certaines stratégies, soit parce qu’elles ont un profil de risque qui ne paraît plus adapté, comme c’est le cas pour le venture capital ou le growth equity, soit parce que c’est une question de timing qui a pu être inadéquat, ou enfin de zones géographiques qui n’ont pas tenu leur promesse, comme l’Asie et l’Afrique pour nous", a constaté le directeur général.
Des participations qui représentent tout de même des parts non négligeables de la stratégie d’investissement, environ 250 millions d’euros pour les participations directes et environ 350 millions d’euros pour les fonds. "Nous n’allons pas sortir de façon désordonnée. Nous le ferons progressivement, en saisissant les opportunités de marché", a-t-il voulu rassurer.
Miser plus fort
Sur les trois classes d’actifs jugées stratégiques, les tickets seront aussi plus conséquents à l’avenir, de l’ordre de 75 à 250 millions d’euros pour les investissements directs (soit entre 2,5 et 7,5 % de l’actif brut). "Pour les fonds, nous en avons aujourd’hui une soixantaine. Notre ambition est de passer à une vingtaine de relations mais en doublant nos tickets, de 25 à 50 millions d’euros", a annoncé Jean-Charles Douin.
En parallèle, l’idée sera aussi d’augmenter le niveau d’influence de Peugeot Invest au sein de ses participations. Et c’est notamment sur celles non cotées que l’évolution se fera. "En Europe, nous visons 15 à 50 % du capital des cibles avec systématiquement une place au conseil d’administration et si possible des droits de gouvernance et de sortie. Par ailleurs, nous ne voulons plus de co-investissement syndiqué, l’objectif étant d’arriver sur les deals avant leur signature, ce qui permettra de mener notre propre due diligence ", a précisé le directeur général.
Des secteurs riches en cibles et en retour
Des participations qui se concentreront aussi sur des secteurs bien définis : la santé, les services BtoB, les services financiers et la Tech. Des secteurs jugés porteurs par leur contribution à l’économie et riches en matière de cibles. "Sur les dix dernières années, ces quatre secteurs ont représenté plus des deux-tiers des deals de private equity en Europe, et les retours sont aussi les plus élevés, entre 1,7 fois et 2 fois cash-on-cash", a-t-il précisé. Objectif : plus d’expertise et de conviction dans les décisions d’investissements et développer des synergies avec les activités de fonds d’investissement. "Nous chercherons au moins une relation par secteur avec un partenaire stratégique de nos fonds d’investissement", a-t-il ajouté.
Dernier pilier : la gestion active, c’est-à-dire être un actionnaire participatif concentré sur le retour annuel. "Nous n’hésiterons pas à sortir de certains de nos investissements si cela est nécessaire", a assuré Jean-Charles Douin.
Un soutien toujours ferme à Stellantis
De quoi susciter des questions de la part des actionnaires de Peugeot Invest quant à l’avenir de la participation de la société dans Stellantis. " Aujourd’hui, notre ADN est écartelé entre certains qui nous disent que nous devons encore renforcer notre rôle dans Stellantis, dont nous sommes le deuxième actionnaire, d’autres qui disent que nous devons nous en séparer, alors que notre chemin depuis notre entrée en Bourse en 1989 a toujours été le même entre les deux parties : la participation historique dans l’automobile et la volonté de nous diversifier pour assurer une certaine régularité du dividende", a répondu Robert Peugeot, certifiant, "sur nos participations automobile, je tiens à préciser que nous n’avons absolument pas l’intention de nous en séparer". Une volonté réaffirmée quelques minutes plus tard par son successeur Edouard Peugeot.
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