WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / AXA

Entreprises / Actions
AXA

Axa continue d’accélérer en 2025 / Une solide progression trimestrielle, portée par l’assurance vie et santé

Malgré un léger recul de son ratio de solvabilité, Axa affiche un début d’année 2025 particulièrement solide, avec une croissance de 7 % de ses revenus au premier trimestre. Les résultats du groupe, portés par des revenus robustes en assurance vie et santé, confirment la solidité de son modèle économique. La rentabilité des nouvelles affaires reste élevée, et la collecte nette témoigne d’un regain d’intérêt pour ses produits d’épargne.
Thomas Buberl, le directeur général d'Axa - Photo by Thibaud MORITZ / AFP
Thomas Buberl, le directeur général d'Axa - Photo by Thibaud MORITZ / AFP

Axa ne relâche pas la cadence. Après une croissance de 8 % de ses revenus en 2024, le deuxième assureur européen a entamé 2025 sur un rythme tout aussi soutenu. Sur les trois premiers mois de l’année, le groupe a dégagé 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 7 % à données comparables. Une performance au-dessus des attentes — environ 2 % de mieux que les projections du consensus — portée par des revenus solides dans l’ensemble des métiers, et plus particulièrement en assurance vie et santé.

Ce second pilier stratégique, essentiel à la diversification du modèle économique et à la croissance à moyen terme du groupe, s’est particulièrement distingué. En assurance vie, les revenus ont progressé de 9 %, portés par une accélération des contrats de prévoyance (+ 5 %) et une dynamique soutenue en unités de compte (+ 16 %). En santé, la croissance s’élève à 17 %, bien au-delà des attentes, en partie grâce à l’intégration de Laya Healthcare, acteur majeur de l’assurance santé en Irlande acquis fin 2023, comme l’observe mercredi Bank of America dans une note.

La rentabilité des nouvelles affaires reste également solide. La marge, bien qu’en retrait, s’est maintenue à un niveau élevé de 4,9 %, légèrement au-dessus des anticipations. Autre signal positif : la collecte nette, c’est-à-dire les souscriptions diminuées des rachats, a atteint 2,5 milliards d’euros sur le trimestre. Un niveau qui témoigne d’un regain d’intérêt pour les produits d’épargne et pourrait, selon le cabinet Oddo BHF, se traduire par une amélioration de la croissance de la Contractual Service Margin (CSM), indicateur clé introduit par les normes IFRS 17 et reflet de la valeur future attendue des contrats en portefeuille.

 

Des hausses de prix qui rassurent

 

Activité historique et cœur du modèle d’Axa, l’assurance dommages affiche elle aussi une croissance robuste. C’est le cas dans l’activité entreprises, dont les revenus ont progressé de 6 %, portés par une hausse des volumes, notamment chez AXA XL Assurance. La division, spécialisée dans la couverture des grands risques complexes, qui a bénéficié de la contribution d’un contrat d’envergure à faible rétention.

L’activité entreprise a aussi bénéficié d’une hausse des tarifs de 2,9 % (dont + 1,9 % chez AXA XL), un niveau vu comme rassurant, au moment où d’autres assureurs évoquent un essoufflement du marché. Ces hausses de prix "sont en ligne avec celles de 2024 où elles avaient atteint 3,2 % en année pleine 2024", avec même une légère amélioration chez AXA XL (+ 1,4 % en 2024) malgré un environnement plus concurrentiel, observe Oddo BHF.

Des effets prix que l’on retrouve en assurance des particuliers, dont les revenus ont augmenté de 7 %, avec des hausses de tarifs de 6,2 %, un rythme encore supérieur à l’inflation des sinistres. Si bien qu’"au total, nous estimons qu’AXA a encore amélioré ses marges en assurance dommages au premier trimestre", note Oddo BHF.

"Autre élément rassurant : les pertes liées aux catastrophes naturelles, notamment les incendies en Californie, pour 100 millions d’euros, se sont révélées inférieures aux prévisions pour le trimestre", observe de son côté Bank of America.

 

Sensibilité contenue aux marchés financiers

 

Le seul nuage dans cette publication très bien orientée vient du ratio de solvabilité, en léger retrait à 213 %. Un niveau lié notamment à l’élargissement des spreads sur les obligations d’État et à un changement de modèle réglementaire. Le directeur financier, Alban de Mailly Nesle, a donné des précisions chiffrées lors de la conférence téléphonique avec les analystes : "Cela correspond à + 7 points de génération de capital, -6 points liés aux dividendes et rachats d’actions, -2 points de marché, et -1 point réglementaire".

Le dirigeant de rappeler également qu’Axa a fortement transformé son portefeuille de contrats vie au cours des dernières années, avec plusieurs effets positifs. "Nous avons comblé notre écart de duration, ce qui a entraîné une réduction significative de notre sensibilité aux taux d’intérêt", a-t-il souligné. Quant à la sensibilité aux marchés actions, l’impact d’un choc baissier de 25 % serait limité à deux points de solvabilité.

Le discours se veut confiant. "Nous avons une allocation d’actifs disciplinée", a-t-il insisté, avec une exposition réduite aux secteurs jugés les plus vulnérables. Et le contexte européen pourrait selon lui apporter un soutien supplémentaire : "Nous sommes optimistes quant aux perspectives de l’Europe", a-t-il indiqué, mettant en avant les effets attendus des politiques budgétaires.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article