WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Evenements

Evenements

Comment EssilorLuxottica déploie une stratégie où l’optique prend un nouveau sens / Une assemblée générale placée sous le signe de la technologie, de l'innovation et de la science

Capitalisant sur une stratégie technologique, scientifique et d’innovation diffuse à l’ensemble de ses activités, tout en tirant parti d’un modèle intégré et omnicanal, le groupe co-dirigé par Francesco Milleri et Paul du Saillant avance en regardant droit devant. "Med-tech", lunettes connectées, réponse à des maux de santé autre que la correction et la protection visuelle : EssilorLuxottica porte une vision stratégique selon laquelle les montures et les verres, son cœur de métier, sont (et seront) un réel outil d’aide au quotidien, au service des consommateurs et des professionnels de santé.
Francesco Milleri, président-directeur général d'EssilorLuxottica et Paul du Saillant, directeur général délégué (crédits : site d'EssilorLuxottica)
Francesco Milleri, président-directeur général d'EssilorLuxottica et Paul du Saillant, directeur général délégué (crédits : site d'EssilorLuxottica)

Le ton a été donné dès l’ouverture de l’assemblée générale d’EssilorLuxottica. Si le début des réunions annuelles d’actionnaires est traditionnellement l’occasion pour les dirigeants d’entreprise de revenir sur l’année passée et de rappeler ses faits marquants, le président-directeur général du géant de l’optique a préféré en profiter pour détailler la vision stratégique qui allait porter son futur. "Je voudrais aujourd’hui vous présenter notre avenir. Comme vous le savez, nous avons démarré il y a sept ans en tant que fabricant de montures et de verres, avec deux entreprises formidables qui avaient déjà très bien réussi par le passé. Mais la fusion a donné naissance à quelque chose de totalement différent. Nous sommes aujourd’hui très fiers d’être considérés comme l’une des entreprises les plus performantes dans le domaine des technologies médicales et parmi les plus innovantes au monde. C’est ce que l’avenir nous réserve pour notre entreprise ", a débuté Francesco Milleri.

Capitalisant sur une stratégie technologique minutieusement organisée et sur ses laboratoires répartis dans le monde, le géant de l’optique voit en effet bien plus loin : un avenir où les verres, les montures et lunettes connectées seront un pont entre la vraie vie et la réalité augmentée, un moyen de surveiller sa santé, de diriger sa voiture ou d’être une aide à la décision. Mais s'inscrit aussi dans une actualité où une paire de lunettes permet de mieux entendre, grâce au lancement désormais acté de ses Nuance Audio dans trois pays, de prévenir le développement de la myopie de l’enfance au travers des verres Stellest ou bien lorsque ceux de Varilux peuvent s’adapter au comportement visuel de son porteur, prédit par une intelligence artificielle grâce à un jumeau numérique. Le tout reposant sur ses marques de montures et de verres bien installées – dont le portefeuille a été renforcé l’année dernière, par exemple avec l’acquisition de Supreme ou le renouvellement de certaines grandes licences - et donc à même de parler aux consommateurs et aux professionnels de santé.

 

Une vision fondatrice

 

"Ce que vous voyez aujourd’hui, cet avenir qu’il était difficile d’imaginer il y a dix ans, est parti de l’esprit de notre fondateur Leonardo Del Vecchio. Nous suivons cette vision, qu’il avait, que les montures et les verres pouvaient nous permettre d’aller beaucoup plus loin et d’aider les gens dans leur vie quotidienne", a ajouté Francesco Milleri. Il faut dire que la clarté de cette vision stratégique profite d'abord des réussites éprouvées qu’elle a pu entraîner, notamment grâce à ses percées technologiques récentes.

"Nous investissons fortement dans les lunettes connectées et les technologies médicales, qui transforment notre entreprise et notre industrie, en créant des cas d’usage. Finalement, la clé dans cette aventure, est d’en trouver de réels pour nos consommateurs", a souligné le directeur général délégué du groupe, Paul du Saillant. Les "wearables" développées au travers d’une alliance entre Ray-Ban et Meta ont par exemple déjà été écoulées à 2 millions d’exemplaires depuis leur lancement à la fin de l’année 2023. D’ici à la fin de l’année 2025, EssilorLuxottica prévoit de porter ses capacités de production à 10 millions d’entre elles, tandis que son partenariat avec le groupe de Mark Zuckerberg a été étendu jusqu’à la prochaine décennie. Des lunettes que le groupe n’entend pas considérer comme un produit, mais plutôt comme une plateforme technologique et évolutive, répondant aux attentes des consommateurs.

 

Un modèle porteur

 

Si le groupe reste toujours fidèle à son cœur de métier qu’est l’optique, l'émergence de ses différentes nouvelles catégories d’activité lui permet de créer d’autres moteurs de croissance, en parallèle de ses plateformes existantes. De quoi permettre à cette stratégie d’innovation de s’inscrire lisiblement dans ses performances actuelles."Il est essentiel d’avoir en tête le modèle d’entreprise intégré et omnicanal que nous avons construit, unique et différencié dans le monde complexe dans lequel nous vivons. C’est une force au moment où nous créons cette nouvelle vision et ces nouvelles catégories. Ce modèle est au service de nos 300 000 partenaires professionnels et du demi-milliard de consommateurs que nous servons chaque année. La performance solide de notre corps de savoir-faire repose sur quelques piliers clés. Et tout d’abord notre capacité constante d’innover dans l’ensemble de nos catégories de produits", a poursuivi Paul du Saillant.

"L’une des caractéristiques fondamentale d’EssilorLuxottica et de notre stratégie est notre capacité de combiner des complémentarités : Essilor et Luxottica pour les verres et les montures et aujourd’hui la voix, la vision, l’audition", a résumé le directeur général délégué du groupe. Des avancées aussi soutenues par l’organisation de la chaîne logistique de l’entreprise, ayant été renforcée en 2024 sur le plan industriel au Mexique ou en Thaïlande, ou bien par son nouveau laboratoire de prescription en France. Désormais, le groupe possède 600 sites industriels, 120 centres de distribution et 80 000 de ses collaborateurs travaillant au sein de sa supply chain : une clé essentielle pour emmener réellement sur le marché ses produits et ses marques, a rappelé Paul du Saillant.

 

De la recherche au business

 

Cette stratégie d’innovation s'appuie surtout sur un engagement scientifique clair, qui s’est notamment traduit par la venue sur scène du directeur scientifique du groupe, Norbert Gorny. "La science et la recherche constituent le fondement de l’innovation. Et l’innovation est le principal moteur de la croissance et de la création de valeur", a-t-il débuté, avant de revenir sur la manière dont le groupe dirigeait sa tactique "med-tech" : les compétences internes du groupe, les acquisitions lui permettant d’en acquérir de nouvelles et un réseau croissant de partenaires académiques et scientifiques. "Nous avons démontré avec succès notre capacité à traduire les résultats de la recherche en opportunités business concrètes", a-t-il indiqué.

De fait, la publication annuelle de 2024 du pensionnaire du CAC 40 a aussi prouvé que ses avancées innovantes étaient bien pertinentes sur le plan des résultats financiers, tant du côté de la croissance que de la rentabilité, aux côtés de l'ensemble des plateformes d'activité du groupe. Une création de valeur profitant forcément à ses actionnaires. Ils seront gratifiés, au titre de l’année 2024, d’un dividende de 3,95 euros – soit près du double de celui de 2018. De quoi bénéficier également aux salariés de l’entreprise, elle qui compte près de 100 000 d’entre eux sur le banc de ses actionnaires.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article