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Unibail-Rodamco-Westfield
Xavier Niel reprend place au conseil de surveillance d’Unibail-Rodamco-Westfield / Le groupe vante la résilience de son portefeuille américain
"Nos quinze centres américains sont des destinations à part entière, situées dans huit des marchés les plus dynamiques du pays. Le PIB par habitant y dépasse en moyenne de 40 % la moyenne nationale". L’assemblée générale d’Unibail-Rodamco-Westfield a offert mardi à Jean-Marie Tritant l’occasion de défendre la solidité du modèle américain de la foncière, malgré les incertitudes liées aux droits de douane instaurés sous l’ère Trump.
Le dirigeant a mis en avant la faible sensibilité des revenus du groupe à une éventuelle dégradation de la consommation. Le taux d’effort moyen des commerçants sur ces actifs américains, a-t-il souligné, reste "très faible, de l’ordre de 13 %". Même en cas de recul brutal de 10 % des ventes — un choc qualifié de "colossal" — ce taux ne dépasserait pas les 15 %, un niveau équivalent à celui observé en Europe. De quoi rendre "assez confiants" dans "la capacité à encaisser une baisse de la consommation, qui pour le moment, n’a pas été constatée", a-t-il ajouté.
Un argumentaire complété par les perspectives exprimées par plusieurs grandes enseignes. Certaines, comme Uniqlo, "ont confirmé que grâce à la diversification de leurs sources d’approvisionnement, elles étaient capables de gérer et de minimiser l’impact des droits de douane, tout en confirmant que l’Amérique du Nord restait un axe de développement pour elles", a-t-il également fait valoir.
La question de l’exposition américaine d’Unibail-Rodamco-Westfield prend d’autant plus d’acuité que le groupe a récemment infléchi sa stratégie outre-Atlantique. Un virage d’autant plus significatif qu’il rompt avec l’ambitieux programme de cessions engagé dès 2021 pour réduire la présence américaine de la foncière, dans le sillage du putsch orchestré par deux actionnaires minoritaires influents — Léon Bressler, ancien président du directoire (décédé en 2024), et Xavier Niel — farouchement opposés à une augmentation de capital jugée trop dilutive voulue par l’ancienne direction.
Bien que le plan "Reset", présenté en 2020, visait une sortie quasi-totale des États-Unis à horizon 2022 avec 15 milliards d’euros de cessions ciblées, le groupe a, dans les faits, temporisé. Les cessions se sont révélées progressives, puis quasiment gelées après 2022. Jusqu’à l’abandon officiel, début 2025, du projet de désengagement massif : URW a finalement décidé de conserver ses centres commerciaux "amiraux" aux États-Unis, désormais considérés comme des moteurs de croissance et de création de valeur à long terme. Un revirement pragmatique, porté par la solide performance de ces actifs depuis la sortie de la pandémie.
Et c’est précisément le retour de Xavier Niel qui a constitué l’événement de l’assemblée générale qui se tenait mardi au Palais des Congrès de Paris. Un peu plus de six mois après avoir quitté le conseil de surveillance, à la suite de sa nomination au conseil d’administration de ByteDance, la maison mère de TikTok, l’entrepreneur fait ainsi son retour. La résolution numéro 18, entérinant sa nomination, a été approuvée à 88,73 % des voix.
Autre mouvement notable : la confirmation de Michael Boukobza, ancien bras droit de Xavier Niel chez Free, que ce dernier avait coopté pour la durée restante de son mandat, a également été approuvée, avec un score de 97,65%. Le mandat de Julie Avrane, membre du conseil et du comité d’audit depuis fin 2020, a également été renouvelé.
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