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Un fin connaisseur du monde économique remporte les élections canadiennes / Les velléités expansionnistes de Donald Trump maintiennent les libéraux au pouvoir au Canada
Des crises, Mark Carney en aura vu passer au cours de sa longue carrière. À un peu plus de 60 ans, il n’est pas issu du sérail du monde politique. En revanche, il a acquis une expérience précieuse du monde économique en étant notamment gouverneur de la Banque d’Angleterre et de celle du Canada. Des fonctions qui l’avaient notamment vu être en poste outre-Manche lors du vote du Brexit et il n’avait pas manqué d’alerter sur la probable récession en cas de sortie de l’Union européenne.
Ce diplômé de Harvard qui a œuvré durant 13 ans chez Goldman Sachs fait néanmoins face à un défi plus grand encore, conforté à son poste de premier ministre du Canada, qu’il occupait depuis début mars consécutivement à la démission de Justin Trudeau, il doit composer à la fois avec Donald Trump tout en ne négligeant pas les problématiques structurelles du Canada.
Un encombrant voisin
Le chef des files des libéraux entend se montrer intransigeant avec l’occupant de la Maison Blanche arguant que le "président Trump tente de nous briser pour nous posséder". Tamas Varga, analyste chez PVM Oil, souscrit également à cette thèse et recommande ne pas uniquement se concentrer sur "l’animosité entre les États-Unis et la Chine [qui] est à son comble, la résurgence des tensions avec le voisin du nord des États-Unis n’est pas non plus à exclure avec le triomphe électoral du parti libéral canadien dirigé par l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney ". Ironiquement l’expert considère que l’ancien banquier central a été élu "avec l’aide puissante du président des États-Unis qui a fait campagne avec force pour le candidat conservateur de droite".
Une opposition à la politique du président américain que Mark Carney a revendiquée lors de sa campagne, y affirmant que "la question clé de cette élection est de savoir qui est le mieux placé pour s’opposer au président Trump". Le premier ministre canadien a pour lui de ne pas être resté les bras croisés depuis sa nomination, les équipes du cabinet Global Sovereign Advisory (GSA) rappelant au début du mois qu’il avait tenu une posture singulière puisque "tout en condamnant l’impact des mesures américaines sur l’économie mondiale, [il] a annoncé la mise en place de mesures de rétorsion ".
Concilier
La ligne défendue par Mark Carney est celle d’une intransigeance vis-à-vis des États-Unis tant que ces derniers maintiendront des droits de douane aussi élevés. Il n’hésite pas à marteler que les "que les États-Unis ne s’y trompent pas. Dans le commerce comme au hockey, le Canada gagnera". Il estime que le président américain se trompe de combat et qu’il est dans l’obligation de recourir à ces mesures de rétorsion bien que la véritable concurrence se situe en Asie à ses yeux.
Une tâche qui ne sera pas aisée et ce bien qu’il s’estime être l’homme de la situation, ayant récemment argué qu’il était "plus utile en période de crise. Je ne suis pas très bon en temps de paix". Il a immédiatement pu compter sur le soutien de nombreux dirigeants qui sont prêts à renforcer leurs liens avec le Canada. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ayant notamment déclaré avoir hâte de travailler avec lui "en étroite collaboration, tant au niveau bilatéral qu’au sein du G7. Nous défendrons nos valeurs démocratiques communes, nous encouragerons le multilatéralisme et nous nous ferons les champions du commerce libre et équitable ". De quoi laisser penser que les exportations canadiennes pourraient trouver de nouveaux débouchés dans les mois à venir.
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