Droit des sociétés / Noam Ankri / Ashurst / Cabinet d'avocats d'affaires / Portrait
Droit des sociétés
Noam Ankri / Ashurst / Cabinet d'avocats d'affaires / Portrait
Noam Ankri, un autodidacte qui n’a pas peur de relever des défis /
Le nouveau managing partner d’Ashurst à compter du 1er mai prochain
Une page de l’histoire d'Ashurst à Paris va bientôt se tourner. C’est le 1er mai que Noam Ankri, associé M&A et restructuring au sein du cabinet depuis 2018, endossera ses nouvelles fonctions de managing partner. Il succédera ainsi à Philippe None, associé en charge de la pratique immobilier dont il est fondateur, et qui restera senior partner, après avoir passé 11 ans à la tête du bureau parisien d’origine britannique. "Je suis honoré et fier de prendre le relais ", nous confie Noam Ankri dans un entretien accordé à WanSquare.
Un partnership très sain
Le futur managing partner a d’ailleurs une feuille de route bien établie. "Nous allons écrire une nouvelle page du cabinet. Au cours des dix dernières années, nous avons construit le nouvel Ashurst à Paris, en passant d’un cabinet très centré sur le private equity à une structure aux pratiques beaucoup plus larges, plus transversales, mais toujours en gardant une dominante sur les dossiers complexes et transactionnels ", nous explique-t-il.
De fait, Ashurst a bien grandi. Ce sont désormais plus de 80 avocats qui travaillent (dont 21 associés courant plus d’une quinzaine de pratiques) au sein du bureau parisien, et ils pourraient être une centaine d’ici 2 ans. "Certaines pratiques doivent être renforcées, comme l’arbitrage, et d’autres doivent sérieusement s’étudier comme la création de fonds, les sujets IP-IT, etc ", estime Noam Ankri.
Une croissance qui doit en tout cas faire du sens économiquement et humainement parlant. "Nous avons une grande culture de l’humain. Nous avons besoin d’être sûrs que l’on s’entend bien les uns avec les autres, en France comme partout dans le monde. Le partnership d’Ashurst est sain ", insiste l’associé.
Une approche multi-culturelle des deals
Parmi les grands projets du cabinet dans les mois à venir : un déménagement vers de nouveaux locaux. "C’est dans la mouvance d’écrire une nouvelle page. Cela fait 35 ans que nous sommes installés à Paris ", relate Noam Ankri. Ainsi, l’équipe passera du square Edouard VII dans le 9e arrondissement, à la rue Saint-Honoré dans un an. " Une de mes missions est de m’assurer que ce déménagement s’effectue dans les meilleures conditions possibles, avec des bureaux qui reflètent bien l’image que nous souhaitons donner du cabinet. Il s’agira en outre de bureaux plus modernes, mieux adaptés aux nouvelles façons de travailler et dans un bâtiment plus respectueux des questions environnementales ", se réjouit-il.
Un nouveau rôle qui n’effraie pas l’avocat. "Tout ce que j’ai vécu dans la vie m’a toujours aidé à m’adapter à mon environnement. Dans ma pratique, je suis convaincu que les deals internationaux et la finance internationale ont besoin d’une approche multi-culturelle. J’ai trop souvent, et encore récemment, vu des conflits dans des négociations parce que les parties ne se comprenaient pas en raison de différences culturelles. Toutes mes expériences à l’étranger m’ont aidé à mieux comprendre mes interlocuteurs et j’invite d’ailleurs tant nos collaborateurs que mes étudiants à profiter d’expériences à l’étranger ", soutient ce professeur de droit des affaires internationales, fils d’un père tunisien, d’une mère syrienne et né en Israël.
Pas de double cursus
Il faut dire que dans le monde des avocats d’affaires, Noam Ankri est réputé pour être un autodidacte. Il a toujours eu en lui la fibre entrepreneuriale et l’envie de faire des deals. Après des études de droit à Nanterre et un troisième cycle de droit des affaires à Dauphine, il a débuté sa carrière d’avocat en 2001 chez Willkie Farr & Gallagher. "Les choses se sont faites naturellement, après la faculté, j’ai postulé dans des cabinets et j’ai eu la chance qu’à l’issue de mon stage chez Willkie Farr & Gallagher, la direction me propose une collaboration ", se souvient-il. De fait, sur le curriculum vitae de Noam Ankri, pas de double ou de triple cursus avec un diplôme dans une grande école de commerce, ni de stage à l’étranger. "Je suis arrivé sur le tas avec ma maîtrise de droit de Nanterre, c’était une gageure mais je suis très fier d’y être parvenu ", nous confie l’avocat.
Un talent que Willkie Farr & Gallagher décèlera très tôt. Après quelques années seulement de collaboration à Paris, il sera envoyé, en 2003 et pour deux ans, à New York au siège de la firme. "C’est là-bas que j’ai commencé à pratiquer le restructuring. C’était en effet l’époque de certaines grandes faillites comme WorldCom ou Enron, etc. La matière m’a tout de suite séduit, et depuis j’ai toujours continué à le pratiquer avec le LBO, ma première passion ", indique-t-il.
Saut dans le vide
En 2006, Noam Ankri rejoint le cabinet Fried Frank Harris Shriver & Jacobson ("Fried Frank"), encore petit à Paris. "Ce fut le premier saut dans le vide de ma carrière et je ne le regrette absolument pas. Nous avons réussi à faire de cette boutique un cabinet très performant, avant que pour des raisons stratégiques et à la suite de la crise financière, le cabinet ne se recentre sur ses pratiques new-yorkaises. Le bureau de Paris disposait donc de moins de budget et s’il m’a été proposé de m’associer, je savais que je n’aurais pas les moyens financiers pour recruter une équipe", explique-t-il.
Chez Fried Frank, il collaborera au dossier PagesJaunes (devenu SoLocal), "le plus important LBO de l’histoire en France à ce jour, de 6,5 milliards d’euros en valeur d’entreprise. Nous conseillions à l’époque la banque Goldman Sachs. Ce dossier a véritablement été un tournant dans ma carrière, notamment dans ma façon d’apprendre le métier. D’autant qu’il s’agit d’un dossier très complexe et très long, il est revenu quelques années plus tard, et plusieurs fois, sur mon bureau sous l’angle restructuring. De fait, la dernière restructuration que nous avons faite de l’ex-PagesJaunes date de l’été dernier ", nous fait-il remarquer.
Sur les dossiers emblématiques du restructuring
Autre dossier d’envergure dans le restructuring : Belvedere, "pour lequel nous avons été amenés à plaider devant la moitié des tribunaux de France et de Navarre et en face d’une société qui ne souhaitait absolument pas repayer 500 millions d’euros de dette. Ce fut également l’un des dossiers les plus structurants de ma carrière, d’autant que j’étais encore un jeune avocat à l’époque ", relate l’avocat de 49 ans.
Une aventure chez Fried Frank qui durera ainsi près de 8 ans avant que Noam Ankri ne rejoigne DLA Piper, en qualité d’associé. Il y retrouvera ses deux anciens mentors, Michel Frieh, en private equity et David Chijner, en restructuring, officiant déjà avec ce dernier chez Fried Frank.
Un cabinet qui à l’époque, en 2013, n’était pas encore très présent sur les LBO et le restructuring. "Une autre aventure passionnante " reconnaît l’avocat. Et cette fois-ci direction Londres, où Noam Ankri sera envoyé pour trois ans, après deux ans à Paris. "Le bureau de Londres travaillait très peu avec les fonds d’investissement et souhaitait développer cette pratique. J’y ai donc développé une clientèle importante en restructuring coté créanciers. J’ai ainsi conseillé le comité obligataire de CGG, un dossier emblématique qui a contribué à façonner la pratique du restructuring en Europe et en France ", souligne l’associé.
C’est Philippe None qui le contactera au début de l’été 2018 pour le convaincre de rejoindre Ashurst. "Le cabinet connaissait une phase de transition avec plusieurs départs d’associés, le challenge de participer à sa redynamisation et à son repositionnement était donc intéressant. Je suis très fier qu’Ashurst soit redevenu un cabinet de premier plan. Le cabinet n’a jamais été aussi profitable qu’aujourd’hui ", se félicite son futur managing partner.
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