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Droit de la concurrence / Cabinet d'avocats d'affaires / Latham & Watkins / Mathilde Saltiel

Droit de la concurrence
Cabinet d'avocats d'affaires / Latham & Watkins / Mathilde Saltiel

exclusif Mathilde Saltiel, l’avocate qui finalise les opérations de M&A sous haute surveillance / Du droit de la concurrence au mentorat, le regard averti de l’associée de Latham & Watkins

EXCLUSIF. Pour les opérations de M&A d’une certaine taille, l’accord des deux parties ne suffit pas. Encore faut-il que l’Autorité de la concurrence ou la Commission européenne (voire une autre instance de contrôle dans le monde si la cible est internationale) donne son feu vert. C’est dans cette optique que l’associée de Latham & Watkins intervient auprès de ses clients. Une expertise qu’elle double d’un sens humain de sa profession d’avocate. Portrait.
Mathilde Saltiel (©Latham & Watkins)
Mathilde Saltiel (©Latham & Watkins)

Alors que les autorités de contrôle des concentrations se montrent toujours plus intransigeantes d’année en année, l’expertise des avocats spécialisés dans cette matière est devenue d’autant plus précieuse que le nombre d’autorisations d’opérations de M & A (avec ou sans conditions) étaient en baisse dans le monde l’année dernière. Mathilde Saltiel, associée chez Latham & Watkins fait partie de ces avocats dont les entreprises s’arrachent les conseils.

 

Savoir résister malgré la tentation

 

Ces dernières années, elle a conseillé notamment Canal Plus dans la cadre du rachat d’Orange Studio et d’OCS à Orange, le groupe L’Oréal lors de l’acquisition d’Aesop pour 2,5 milliards de dollars, mais aussi Worldline dans la création de sa JV avec Crédit Agricole, le rachat d’Ingenico, ou encore EssilorLuxottica au moment de l’acquisition de GrandVision. "Le droit de la concurrence a des règles très précises s’agissant des opérations qui dépassent un certain seuil. Celles-ci sont contrôlées par les autorités de concurrence, que ce soit l’autorité française, la Commission européenne ou toute autre autorité compétente dans le monde. Des obligations avant closing qui imposent aux entreprises, souvent soucieuses de finaliser leur acquisition ou leur vente rapidement, de ne pas conclure ces opérations avant autorisation. En clair, cela signifie que l’acheteur n’a pas le droit de commencer à gérer sa cible et de procéder à son intégration, avant d’obtenir le feu vert des autorités, sous peine de lourdes sanctions. Plusieurs entreprises ont été sanctionnées à des dizaines de millions d’euros d’amendes pour avoir enfreint ces règles", rappelle Mathilde Saltiel, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Comprendre parfaitement le business des entreprises

 

Des opérations qui revêtent aussi de plus en plus souvent un aspect international pour l’avocate, qui bénéficie du soutien des 30 bureaux dans 14 pays dans le monde que compte le cabinet, et qui peut aussi s’appuyer sur un réseau de conseils locaux. Un travail qui se fait par ailleurs en lien avec les conseils juridiques et M&A des entreprises et qui ne se limite pas au respect des normes du droit de la concurrence. Mathilde Saltiel passe ainsi beaucoup de temps à examiner le volet contentieux des procédures d’enquête lancées par les autorités. "Pour être efficient dans ma spécialité et être capable de conseiller ou de défendre un client, il faut comprendre parfaitement son activité. Il s’agit en effet d’une spécialité très ancrée dans la réalité des entreprises. S’agissant des Telecoms par exemple, il faut comprendre comment fonctionne un réseau, ce que signifie le déploiement d’un réseau mobile, de la fibre, la notion de parc clients, les enjeux sur les fréquences, etc.", constate-t-elle.

 

Toujours en lien avec Bruxelles

 

Diplômée de Sciences Po et l’Université Paris Descartes, l’avocate de 38 ans a prêté serment en 2011. "Etudiante, j’étais très attirée par les questions européennes. Si bien que j’ai hésité à faire une carrière au sein des institutions européennes. La spécialité que j’exerce aujourd’hui m’a finalement permis de concilier les deux puisque le droit de la concurrence est très européen et nécessite d’échanger avec des interlocuteurs de la Commission européenne", souligne-t-elle.

Mathilde Saltiel a débuté sa carrière au sein du cabinet Willkie Farr & Gallagher. Elle y restera huit ans dont une année de détachement au siège de la firme à New York. Elle suivra ensuite ses associés, Jacques-Philippe Gunther et Adrien Giraud, chez Latham & Watkins. Elle y sera alors promue counsel en 2019 puis associée en 2021, pendant son premier congé maternité.

 

Développer son réseau

 

Outre ses dossiers, l’avocate est aussi très investie dans le mentorat au sein des cabinets d’avocats, et notamment à destination des collaboratrices et collaborateurs. "Dans ma promotion à la sortie de l’école du barreau, nous étions deux-tiers de femmes avocates. Seules 25 % d’entre elles sont devenues associées aujourd’hui. Certes, il existe une rupture dans la carrière du fait du congé maternité mais les mentalités évoluent. Latham & Watkins a notamment créé un congé paternité de trois mois, contre un mois dans la profession. Par ailleurs, nous comptons aujourd’hui sept associées, contre deux à mon arrivée en 2018, dont trois promotions internes. C’est un excellent signal", se félicite celle qui participe aussi activement, précédemment en tant que co-Chair à Paris, et depuis cette année en tant que membre du Steering Committee mondial, au comité "Women Enriching Business". Ce comité créé il y a 15 ans, "bien entendu ouvert aux hommes" souligne Mathilde Saltiel, a pour objectif de soutenir le développement des femmes avocat et de leurs clientes, et de favoriser la création d’un réseau professionnel.

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