WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Sur les marchés

Sur les marchés

La débâcle boursière se poursuit, le spectre du lundi noir plane sur les marchés / Les investisseurs redoutent une récession mondiale

En Europe, la débâcle des indices boursiers s’intensifie sous l’effet des nouvelles taxes douanières imposées par les États-Unis et face à la posture inflexible de l’administration américaine. Alors que Wall Street se prépare à prolonger sa descente, les analystes redoutent des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale.
Des traders sur le parquet de la Bourse de New York - Photo by Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Des traders sur le parquet de la Bourse de New York - Photo by Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le week-end n’aura offert qu’un court répit. Les places européennes s’enfonçaient à nouveau lundi, prises dans l’onde de choc de l’offensive douanière lancée par Donald Trump, alimentant le scénario d’un lundi noir, après deux séances déjà bien sombres jeudi et vendredi. Vers 14h00, le CAC 40 reculait de 4,8 % à Paris, le DAX 40 perdait 4 % à Francfort, et le FTSE MIB cédait 5 % à Milan. À Londres, le FTSE 100 abandonnait 4,5 %, tandis que l’indice Stoxx Europe 600 des principales sociétés cotées en Europe enregistrait une nouvelle chute de 4,2 %, à 475 points.

L’Asie avait donné le ton tôt dans la matinée. À Tokyo, l’indice Nikkei 225 a perdu 7,8 %, et à Séoul, le Kospi a cédé 5,6 %. Les marchés chinois, fermés vendredi pour cause de jour férié, ont rattrapé leur retard en plongeant à l’unisson : l’indice composite de Shanghai a perdu 7,3 %, celui de Shenzhen 9,7 %, tandis que l’indice hongkongais Hang Seng a dévissé de 13,2 %.

De son côté, Wall Street semble bien parti pour prolonger sa chute, après un plongeon de plus de 10 % de l’indice S&P 500 en seulement deux jours, son plus fort recul depuis le choc de la pandémie en mars 2020. Les contrats à terme sur les indices américains affichent à nouveau des pertes : celui sur le S&P 500 recule de 1,8 %, celui sur le Dow Jones cède 1,6 %, et le contrat sur le Nasdaq 100 perd 2,1 %.

Alors que les nouveaux droits de douane de base, de 10 %, imposés par Donald Trump sur toutes les importations en provenance de plus de 180 pays et territoires, sont entrés en vigueur ce samedi, des droits de douane supplémentaires ciblant une soixantaine d'économies seront appliqués à partir du 9 avril. L'Union européenne se verra imposer des droits de douane supplémentaires de 20 %, la Suisse de 32 % et la Norvège de 16 %, tandis que le Royaume-Uni est soumis au droit de douane universel de 10 %.

Jusqu’à récemment, une grande partie de Wall Street espérait que Trump considère les tarifs douaniers comme une tactique de négociation temporaire et non comme une mesure permanente. Mais la posture inflexible affichée par l’administration américaine alimente l’inquiétude des investisseurs. Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor, a adopté dimanche un ton de défi face à la forte baisse des marchés financiers mondiaux en réponse aux nouveaux tarifs douaniers américains, affirmant que ces nouveaux droits étaient nécessaires et rejetant l'idée qu'ils provoqueraient une récession aux États-Unis. Un point de vue qui divise pour le moins, les analystes étant nettement plus prudents sur cette question.

 

Risque de récession

 

"L'ampleur de ces droits de douane et l'ensemble des pays auxquels ils ont été imposés sont plus importants que ce que beaucoup avaient raisonnablement anticipé. Le fait qu'ils viennent s'ajouter à un tarif universel de 10% est un choc supplémentaire, qui risque d'aggraver considérablement le dilemme croissance-inflation aux États-Unis et dans l'économie mondiale au cours de l'année à venir", alerte ainsi UBS.

L’équipe d'économistes américains de la banque suisse estime qu'il est plausible que le PIB réel des États-Unis en 2025 soit compromis de 1,5 à 2 points de pourcentage et que l'inflation s'élève à près de 5 % si ces droits de douane ne sont pas rapidement annulés

Par ricochet, "les droits de douane américains annoncés, s'ils sont maintenus, risquent de porter un coup significatif au volume des échanges mondiaux, ce qui augmentera le risque de récession en Europe compte tenu de son économie relativement ouverte et de ses perspectives déjà faibles de croissance du PIB en 2025, qui s'élèveraient à environ 1 %", prévient de son côté l’agence Moody’s Ratings.

En Bourse, "le sentiment est mauvais, mais les valorisations, les attentes et les flux sont élevés", notent les économistes UBS. Certains indicateurs de sentiment comme l'American Association of Individual Investors (AAII), se situent à des niveaux extrêmement négatifs. "Cependant, nous ne pensons pas que cela donne le même signal d'achat tactique que par le passé, car les valorisations sont loin de la détresse associée à ce niveau de sentiment", soulignent-ils.

A la Bourse de Paris, aucun compartiment de la cote n’est épargné lundi par la débâcle. Lanterne rouge du CAC40, Veolia chute de 7,3%, alors que l'entreprise nourrit d'ambitieux objectifs outre Atlantique, visant un doublement de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis d'ici 2030. L’équipementier de l’aéronautique et de la défense Safran perd de 7,2%, notamment face aux inquiétudes sur les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement mondiales. Le moteur LEAP de la coentreprise CFM International avec l’américain GE est assemblé en France avec des composants provenant des États-Unis ou inversement selon ses versions. Stellantis poursuit sa dégringolade, abandonnant 7,2% également. Le constructeur se retrouve directement visé par la nouvelle surtaxe à l’importation de 25% sur l’automobile, qui va augmenter considérablement ses coûts, le groupe important une large partie de ses véhicules du Mexique, du Canada et d'Europe.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article