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Mathias Cormann; transition; alimentaire

Macro-économie / Taux / économie / OCDE / croissance

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Le destin de l’économie de la mer est irrémédiablement lié à la transition énergétique / La fin de sa croissance est envisagée

Ni plus ni moins que l’équivalent de la cinquième économie mondiale dont le sentier de croissance est menacé. Le constat de l’OCDE est sans appel pour l’économie de la mer. Cette dernière devrait pourtant être quatre fois plus importante en 2050 qu’en 1995, en tendanciel, il n’est désormais plus exclu que la croissance s’inverse dans certains scénarios. Ceux-ci sont essentiellement liés à une transition énergétique qui prendrait du retard.
Ferme Aquacole. Photo by Jiang Kehong / XINHUA / Xinhua via AFP
Ferme Aquacole. Photo by Jiang Kehong / XINHUA / Xinhua via AFP

Un moteur de croissance dont la dynamique pourrait bien se gripper. L’économie de la mer a connu une période pour le moins faste ces dernières années, doublant en termes réels entre 1995 et 2020 pour atteindre un poids 2 600 milliards de dollars et celle-ci pourrait bien toucher à sa fin si rien n’est entrepris. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) se rallie à cette thèse dans un rapport consacré au secteur à l’horizon 2050.

Elle s’inquiète que l’économie de la mer ne soit plus capable de contribuer à hauteur de 3-4 % à la valeur ajoutée brute mondiale, comme elle l’a fait durant un quart de siècle. Les chiffres communiqués par ses soins évoquent une "économie mondiale de la mer [qui] pourrait se contracter d’environ 20 % entre 2020 et le milieu du siècle " et ce dans le scénario où " l’investissement dans la productivité et la transition énergétique restent au point mort ".

 

Passer la seconde

 

Des solutions bien imaginées pour y remédier conjuguant accélération de la transition vers les énergies propres avec l’innovation technologique. Cependant un tel cocktail pourrait bien favoriser la poursuite de sa croissance mais ce ne serait qu’à "un rythme plus modeste que par le passé ". Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, y voit également un enjeu économique et d’emploi tout y en ajoutant une nécessité de préserver " les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des centaines de millions de personnes qui sont tributaires de la mer".

Les équipes de l’OCDE ne considèrent également pas que l’inaction a été totale lors de la dernière décennie, saluant "des cadres d’action et des mécanismes régissant la mer et l’économie de la mer [qui] ont été renforcés au niveau national et international ". Sont notamment mis en avant les comptes statistiques de l’économie de la mer ou encore les négociations internationales sur la biodiversité, le climat et la pêche. Pas de quoi inciter pour autant à baisser la garde face à deux dangers bien identifiés que sont les activités illicites ainsi que la concentration du marché.

 

Champ des possibles

 

Une vigilance que le rapport recommande d’associer à un renforcement des politiques publiques, de la collaboration au service d’une meilleure gestion de la mer et le tout dans une sortie des énergies fossiles à mener au pas de course. Différents scénarios ont d’ailleurs été tracés par l’institution suivant les trajectoires prises par la transition énergétique ces prochaines années.

Une transition accélérée vers une énergie bas carbone permettrait à l’économie de la mer de poursuivre sa croissance jusqu’en 2050 et ce jusqu’à atteindre près de 2,5 fois sa taille de 1995. Ce qui ne serait pas un mince succès puisqu’il lui faudrait composer avec une part du gaz et du pétrole en net repli et une productivité en baisse depuis plus de 20 ans pour une grande partie de l’économie océanique. A l’OCDE on estime pour l’heure qu’elle ne "tire pas pleinement parti des puissants moteurs de productivité pour se préparer à un avenir de plus en plus automatisé".

Un scénario de transition bloqué est d’ailleurs anticipé comme résultant d’une part "d’un manque d’investissement dans la productivité" et de l’autre "des effets négatifs croissants du changement climatique sur de nombreux pans de l’économie océanique". L’activité économique océanique globale connaîtrait alors potentiellement un déclin par rapport au niveau atteint en 2020.

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