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France; investir; Hexagonr

Macro-économie / Taux / AmCham / Bain / baromètre / Investisseurs américains

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L’instabilité politique française inquiète outre-Atlantique / Les investisseurs américains sont bien plus anxieux qu’il y a un an

Les atouts français demeurent et de la même façon les premiers investisseurs en France restent les Américains. La qualité de la vie, celle de la formation ou autre atout français ont bien du mal ces derniers mois à juguler les faiblesses historiques de l’Hexagone auxquelles s’ajoute une forte instabilité politique. La 25e édition du Baromètre AmCham-Bain fait ainsi état d’investisseurs américains qui ne sont plus que 39 % à considérer la France comme une destination d’investissement "bonne" ou "excellente", ce qui constitue une diminution de 13 points entre 2023 et 2024.
Les investisseurs américains continuent à trouver de nombreux attraits à l'Hexagone. Photo by Antoine LORGNIER / ONLY FRANCE / Only France via AFP
Les investisseurs américains continuent à trouver de nombreux attraits à l'Hexagone. Photo by Antoine LORGNIER / ONLY FRANCE / Only France via AFP

Une instabilité pour le moins coûteuse. L’AmCham France (la Chambre de Commerce Américaine en France) et le cabinet de conseil Bain & Company ne disent pas autre chose aujourd’hui à travers les résultats de la 25ème édition du Baromètre AmCham-Bain. Natacha Rafalski, présidente de l’Amcham France n’en demeure pas moins confiante et assure que "les entreprises américaines sont les premiers investisseurs étrangers en France ; elles ont choisi la France pour de bonnes raisons, et s’y projettent sur le long terme".

Depuis un quart de siècle, la publication examine le moral des investisseurs américains en France ainsi que "leur perception de l’attractivité de la France et de son environnement économique". Force est de constater que de nombreux indicateurs se sont dégradés l’an passé. Les réponses ont été collectées du lendemain de la démission du gouvernement Barnier jusqu’au 20 janvier (à quelques heures de l’investiture de Donald Trump en la qualité de président des Etats-Unis).

Ce sont en effet près de 80 % des investisseurs interrogés qui estiment que la dissolution " aura un impact négatif sur l’attractivité de la France à court terme ". Le baromètre explique que le manque de visibilité réglementaire est particulièrement pénalisant lorsqu’on réfléchit à investir et particulièrement en ce qui concerne le volet financier. "L’abandon potentiel de la politique pro-business adoptée ces dernières années " est également cité comme une inquiétude pesant sur les investisseurs américains. Les entreprises interrogées sont actuellement 21 % à anticiper "une réduction de leurs effectifs, en raison de coûts de main-d’œuvre élevés et des conditions de marché difficiles".

 

Equation

 

Pour autant une grande partie de la problématique de l’investissement en France n’a pas changé ces dernières années. Cela concerne malheureusement notamment les faiblesses structurelles de l’Hexagone, il est ainsi énuméré que tant "le coût élevé de la main-d’oeuvre, la complexité administrative, [que] le poids de la fiscalité et le climat social, continuent également de peser sur son attractivité".

D’autant plus que les autres pays d’Europe ne restent pas les bras croisés, loin de là. Sur le continent la France voit la Suisse, le Royaume-Uni et les Pays-Bas se distinguer par leur stabilité politique, leurs politiques pro-business et leur fiscalité compétitive ou encore "l’Irlande et le Luxembourg, quant à eux, attirent les investisseurs grâce à leurs faibles charges sociales et à la lisibilité de leurs politiques fiscales".

 

Encore et toujours

 

Une compétition toujours plus exacerbée qui a vu la propension des investisseurs à recommander la France revenir à un niveau comparable à celui de 2016, en nette baisse sur douze mois. De quoi faire dire à Marc-André Kamel, Senior Partner chez Bain & Company et Vice-Président de l’Amcham qu’il "faut agir pour restaurer la stabilité et la prévisibilité et accélérer la simplification administrative, pour que la France demeure une destination d’investissement privilégiée."

L’AmCham France distille à cette intention cinq recommandations clés pensées pour regagner la confiance des investisseurs et accroître l’attractivité hexagonale. De nombreux thèmes sont abordés allant du retour à des politiques publiques plus prévisibles, particulièrement sur les questions fiscales et sociales, au serpent de mer de la simplification des différentes procédures administratives en passant par la poursuite des efforts en matière d’innovation. Eglé de Richemont, directrice Générale de l’Amcham, juge que sur l’ensemble de ces problématiques il est vital de "concentrer notre énergie sur des objectifs clairs et réalisables qui sauront rapidement redonner confiance aux investisseurs américains". Des initiatives telles que Paris-Saclay ou encore la Station F sont à multiplier selon ses équipes.

Certains manques français sont soulignés tels que des formations initiales et continue à faire évoluer. Il faudrait notamment veiller à "développer des partenariats entre entreprises et universités pour préparer les jeunes générations aux métiers d’avenir, notamment dans les secteurs technologiques et industriels".

 

Très chère énergie

 

Le dernier volet des recommandations n’est pas des moindres, il s’agit de la compétitivité énergétique tricolore et par effet domino européenne. Pour l’heure la France n’arriverait pas suffisamment à transformer ses atouts énergétiques en leviers pour sa compétitivité. Ce qui est d’autant plus dommageable qu’il a été martelé que les infrastructures énergétiques de la France étaient une de ses forces, la possibilité d’avoir une énergie moins chère qu’ailleurs et également moins intense en carbone étant particulièrement attractive.

La concurrence n’est d’ailleurs sans doute pas à trouver sur le Vieux continent mais plutôt de l’autre côté de l’Atlantique ou encore en Chine sur ce plan-là. Pour autant force est de constater que la transition écologique semble de moins en moins porter l’attractivité de la France, les efforts de l’Etat sur le sujet n’ayant plus qu’un impact positif sur celle-ci de l’ordre de 34 % contre 60 % en 2022. C’est davantage la possibilité de développer des contrats d’achats sur de longues périodes qui est proposée ou encore le soutien aux PME/ETI.

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