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EuroAPI
Euroapi en quête d’une meilleure rentabilité après une année 2024 calamiteuse / La bonne exécution du plan de transformation sera cruciale
À force d’anticiper le pire, les mauvaises nouvelles finissent par sembler plus acceptables. Après une chute d’un quart de sa valorisation en février, tout près de ses plus bas historiques, Euroapi bénéficiait mardi d’un regain d’intérêt marqué en Bourse, son titre gagnant plus de 10 % à 2,85 euros après la publication de ses résultats 2024. Non pas que la société spécialisée dans la fabrication de principes actifs pharmaceutiques (API, pour active pharmaceutical ingredients, ces substances aux effets thérapeutiques des médicaments) ait impressionné par ses performances financières. L’an dernier, son chiffre d’affaires a reculé de 10%, à 911,9 millions d’euros, et sa rentabilité a souffert.
L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) s’est établi en perte de 43,6 millions d’euros, à comparer à un bénéfice de 68,6 millions d’euros un an plus tôt. Il faut dire que l’entreprise a subi des coûts exceptionnels de 87,1 millions d'euros, pour une large part liée au projet stratégique et de réorganisation FOCUS-27 lancé il y a tout juste un an pour "libérer le potentiel de croissance durable et rentable de la société". Hors éléments exceptionnels, le "core Ebitda" a néanmoins reculé à 50,4 millions d’euros, à comparer aux 93,1 millions d’euros de 2023. Le second semestre s’est révélé particulièrement difficile, avec une marge d’Ebitda ajusté tombée à seulement de 0,6 % contre 5,9 % au second semestre 2023.
Chute des ventes à Sanofi
L’exercice a été marqué par des vents contraires dans les deux métiers du groupe : la fabrication de principes actifs pharmaceutiques (API) et les services contractuels de fabrication pour l'industrie pharmaceutique (CDMO, Contract Development and Manufacturing Organization). Tous deux ont été pénalisés par l’arrêt temporaire de la production d’API sur le site de Brindisi en Italie, en raison d’une défaillance du contrôle qualité. Le chiffre d’affaires API a également été pénalisé par la baisse des ventes à Sanofi, son premier actionnaire et ancienne maison mère, en raison d’une diminution des volumes, notamment du Sevelamer, un médicament utilisé pour traiter l’hyperphosphatémie (taux de phosphore élevé dans le sang).
Quant à l’activité CDMO, la suspension du site de Brindisi n’explique qu’une partie du repli. "Le véritable impact vient de la réduction de deux grands contrats de biochimie en phase commerciale", note le cabinet Oddo BHF. A elle seule, cette contraction a plus que compensé l'augmentation du chiffre d'affaires provenant de nouveaux contrats.
Et le chemin du redressement s’annonce encore semé d’embûches. Pour l’exercice 2025, la hausse des ventes aux autres clients devrait être compensée par un nouveau déclin des ventes à Sanofi, prévient le groupe, qui anticipe un chiffre d’affaires en légère baisse à stable à base comparable, par rapport à 2024. En matière de rentabilité en revanche, Euroapi compte sur les avancées du plan FOCUS-27 pour faire remonter sa marge de "Core Ebitda" entre 7% et 9% du chiffre d’affaires. Ce plan prévoit en particulier un recentrage sur les API à plus forte valeur ajoutée et l’abandon de molécules à marges faibles ou négatives.
Un effort d'investissement conséquent au service de la transformation
Des progrès sont déjà visibles. "En ce qui concerne la simplification du portefeuille, notre objectif est que 70% du chiffre d'affaires provienne des API différenciés d'ici la fin de 2027. À la fin de l'année 2024, ces API représentaient déjà 61% des ventes, contre 57% en 2023. Il s'agit de produits complexes, moins exposés à la concurrence", a expliqué mardi, lors d’une conférence téléphonique, David Seignolle, le nouveau directeur général nommé à la fin de 2024.
Sur l’autre pilier du plan consistant à dérisquer l’activité CDMO en augmentant sa valeur ajoutée, "les grandes entreprises ont représenté 55% de nos projets en 2024, contre 46% en 2023.", a-t-il poursuivi. Concernant la rationalisation de l’empreinte industrielle, l’objectif de 350 à 400 millions d'euros d'investissements d'ici à 2027, dont environ 60% dédiés à la croissance et à la performance, est maintenu.
"Nous progressons également sur la transformation de l’entreprise, notamment avec la réorganisation du service achats, qui vise à réduire les coûts directs et indirects. Cet axe stratégique doit simplifier les processus hérités de Sanofi et les adapter à la taille actuelle de l’entreprise", a ajouté David Seignolle. La réussite du plan Focus-27 restera donc au cœur des priorités d’Euroapi en 2025. Le groupe n'a plus le droit à l'erreur. Avec une valorisation sous les 300 millions d’euros qui semble intégrer le pire, le marché attend des preuves concrètes.
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