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Nexity / Crise de l'immobilier

Le «  New Nexity » est finalisé / Cap désormais sur la profitabilité

Le groupe présidé par Véronique Bedague a finalisé sa mue express dans les temps et avec succès. La dette nette de l’entreprise a quasiment été divisée par deux laissant désormais place à un recentrage des activités au niveau local, axé sur le développement et le déploiement d’une offre multiproduits et la régénération urbaine. Dans un contexte de marché des ventes au détail qui tend à s’améliorer, Nexity se dit parfaitement positionné pour répondre aux besoins des acheteurs et vise un retour à la profitabilité dès 2025. Avec pourquoi pas la reprise à moyen terme d’un versement de dividendes à ses actionnaires.
Véronique Bedague (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)
Véronique Bedague (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)

Véronique Bedague n’aura pas attendu une prise de conscience politique pour réagir à la crise de l’immobilier. Très tôt, elle aura su décider d’un grand plan de transformation du groupe qu’elle préside. Et deux ans après son lancement, le "New Nexity" est désormais sur les rails. Il a vu officiellement le jour le 9 janvier dernier. "2024 a été une année de transformation en profondeur pour Nexity autour des ‘4R’ : recentrage, redimensionnement, recalibrage et redéploiement. Une organisation territoriale multiproduits, axée sur le développement et la régénération urbaine, et recentrée sur les métiers d’aménageur, de promoteur et d’exploitant. Tout a été mis en œuvre et s’est déroulé dans le calendrier prévu ", s’est-elle félicitée lors de la présentation à la presse des performances financières du groupe ce jeudi soir. De fait, force est de constater que les objectifs annoncés dans le cadre de ce plan ont été atteints.

 

Une structure financière sécurisée

 

Le bilan de Nexity s’est très significativement allégé depuis le début de la crise. Le groupe a clôturé l’année avec une dette financière nette à 474 millions d’euros, soit en avance sur l’objectif de 500 millions d’euros fixé à fin 2025, et ce grâce notamment aux produits de cessions engagées (ADB, Property management et la participation majoritaire dans la plateforme ‘Bien Ici’), soit 435 millions d’euros au total, et à la gestion stricte du besoin en fonds de roulement (-300 millions). "C’est donc un endettement quasiment divisé par deux, à -369 millions d’euros, soit une diminution de 44 % ", a souligné Véronique Bedague.

La liquidité est assurée à un milliard d’euros à fin 2024. "Surtout, nous avons complètement sécurisé, en ce début d’année, notre financement bancaire moyen terme. Il est désormais adapté aux besoins et au redimensionnement du groupe, à 625 millions d’euros, jusqu’à la maturité de la ligne de crédit en février 2028. Les covenants bancaires ont été revus pour intégrer la prise en compte du nouveau cycle immobilier qui s’ouvre et la trajectoire de l’amélioration de la profitabilité du New Nexity intégrant des marges de manœuvre ", a-t-elle précisé, faisant valoir également un socle d’actionnaires en soutien de la stratégie du groupe.

Côté économies, le plan de sauvegarde de l’emploi (500 postes) a été réalisé, le groupe confirmant des économies cibles à 95 millions d’euros en 2026, dont 75 % seront effectives dès cette année.

 

La maîtrise du bilan reste une priorité

 

Pour le reste, les performances financières de l’entreprise sont conformes à ses attentes avec un résultat opérationnel positif, à 2 millions d’euros (contre 246 millions un an plus tôt), impacté par le plan de transformation mais compensé par les plus-values de cessions. Le chiffre d’affaires recule logiquement quant à lui de 17 % à 3,53 milliards d’euros tandis que le groupe enregistre une perte nette en 2024 à 61 millions d’euros, dans un marché du logement resté largement marqué par un recul des réservations avec une baisse globale de 6 % à fin 2024.

Pour 2025, Nexity est désormais concentré sur le retour à la profitabilité et donc un résultat opérationnel courant positif. "L’objectif est clair, permettre à moyen terme la reprise du versement de dividende, sous réserve que le ratio de levier soit inférieur à 3,5 fois", a prévenu la dirigeante. La maîtrise du bilan restera une priorité, l’entreprise indiquant qu’elle restera opportuniste sur la cession de ses derniers actifs non core. "Nous confirmons un objectif de dette financière nette maximum en IFRS de 380 millions d’euros ", a-t-elle ajouté.

 

Un recalibrage parfaitement adapté à la réalité du marché

 

Un optimisme reflétant la traduction déjà concrète du plan de transformation sur l’activité commerciale du groupe. La reprise des ventes au détail s’est accélérée au deuxième semestre avec une croissance de 14 %. "C’est le résultat de plusieurs effets, la baisse des taux, la fin du dispositif Pinel, une forte dynamique des accédants (+48 % au deuxième semestre) qui ont retrouvé du pouvoir d’achat, tout cela amplifié par le recalibrage de notre offre et de nos produits et des actions commerciales bien ciblées", a expliqué la présidente-directrice générale.

Les réservations des ventes au détail sur l’année ont progressé de 7 % quand le marché est resté en repli de -4 %. "Pour 2024, le marché (intégrant les ventes des promoteurs dans le collectif, les ventes des acteurs dans la maison individuelle, les ventes issues du développement réalisé par les bailleurs sociaux) représente un montant total de 200 000 logements réservés et qui seront produits dans le neuf dans les prochaines années, alors que le besoin en logements est estimé à 460 000 logements par an. C’est un déséquilibre qui pousse une crise du logement très dure, mais cela représente aussi pour nous un catalyseur pour vendre nos produits ", a assuré Véronique Bedague dont l’objectif est de faire rebondir les ventes au détail. "Il y a vraiment un appétit pour le neuf. C’est aussi pour cela que nous sommes allés plus loin en proposant des offres de financement adossées à des partenaires bancaires (comme le LCL) sous la forme d’un prêt à taux zéro bonifié permettant d’aligner au maximum la mensualité du crédit au loyer mensuel et favoriser ainsi l’accession. Les résultats ont été très satisfaisants, reflétés notamment sur le volume de réservation en hausse de 40 % ", a-t-elle ajouté.

 

Accélérer le retour à la croissance rentable

 

D’autant que si l’entreprise vise une montée en puissance du New Nexity en 2025, elle note des signaux encourageants sur le marché de l’immobilier. "La baisse des taux des banques centrales se traduit par des baisses de taux assez significatives pour les crédits immobiliers à fin janvier 2025. Nous étions à 3,24 %, et même en dessous aujourd’hui, alors que les taux atteignaient 4,2 % fin 2023. C’est un pouvoir d’achat qui s’améliore pour nos acheteurs. Par ailleurs, les coûts travaux se stabilisent. Enfin, sur le plan politique, le projet de loi de finances pour 2025 consacre un certain nombre de volets à nos sujets immobiliers, ce qui montre une vraie volonté gouvernementale – c’est la première fois depuis longtemps -. Nous utiliserons tous les outils que la loi de finances nous donne, à savoir l’élargissement du prêt à taux zéro (PTZ) à tout le territoire pour le logement neuf, les donations exonérées d’impôts pour les investissements de résidences principales neuves, et la baisse du taux du Livret A en faveur de la demande des bailleurs sociaux ", a-t-elle assuré. Des mesures qui devraient entrer en vigueur, par décret, à compter du 1er avril.

Le pipeline de Nexity ressort à 16,6 milliards d’euros soit l’équivalent de 5,6 années d’activité, en considérant le deal Carrefour de régénération urbaine qui pèserait pour environ 2 milliards d'euros de chiffre d’affaires à venir. "Nous avons concrètement en main un volume de 61 000 logements que nous serons en capacité de mettre en vente dès que nous aurons des permis purgés. C’est considérable et cela fait du New Nexity, de loin, le leader du secteur ", s’est félicitée Véronique Bedague.

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