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Private Equity / dette privée / Investissements alternatifs / capital-risque

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Retour à la normalité des rendements des stratégies alternatives / La dette privée et l'immobilier aux deux extrémités du spectre

Après plusieurs années de dispersion des rendements, les stratégies d'investissement alternatives connaissent un retour à des écarts plus mesurés en 2024. Si certaines classes d'actifs, comme la dette privée, affichent de bonnes performances, d’autres, comme le capital-risque, peinent à redresser la barre. Tandis que les rendements se resserrent, l'incertitude persistante et la volatilité sur les marchés pourraient encore perturber cet équilibre.
La dette privée a affiché la meilleure performance des stratégies alternatives en 2024, avec un TRI de 9,5 % - Photo by Eric Audras / AltoPress / PhotoAlto via AFP
La dette privée a affiché la meilleure performance des stratégies alternatives en 2024, avec un TRI de 9,5 % - Photo by Eric Audras / AltoPress / PhotoAlto via AFP

Après plusieurs années de forte dispersion des rendements entre les différentes stratégies d'investissement alternatif, 2024 a marqué un retour à des niveaux plus mesurés. Private equity, dette privée, immobilier, actifs réels, stratégies secondaires ou fonds de fonds : entre 2020 et 2021, l'écart moyen entre les stratégies les plus performantes et les moins performantes avait frôlé les 40 %. Un pic avait même été atteint au deuxième trimestre, lorsque le capital-risque (VC) affichait un rendement de 75,9 %, soit 59 points de pourcentage de plus que l’immobilier, à 16,9 %, malgré l’une de ses meilleures performances depuis longtemps.

Cet écart, mesuré en taux de rendement interne (IRR) sur un horizon mobile d’un an, est retombé à 13 % au deuxième trimestre 2024, un niveau comparable à celui de 2018 et 2019, indiquant une dispersion plus normale entre les stratégies, selon les dernières données de PitchBook.

Certes, "en raison des délais de publication propres aux marchés privés, ces résultats reflètent une période antérieure à certains changements politiques majeurs à l’échelle mondiale intervenus depuis", remarque Hilary Wiek, stratégiste senior au sein du fournisseur de données. Ils n’en sont pas moins instructifs.

 

Un TRI de 9,3% pour le private equity

 

Ainsi, c’est la dette privée qui a signé la meilleure performance au deuxième trimestre 2024, avec un rendement de 9,5 %, tandis que l'immobilier a enregistré la plus faible performance avec un rendement négatif de -3,5 %. Les prêts directs, qui constituent la part la plus importante de l’univers de la dette privée, ont affiché un rendement de 12,9 % jusqu’au deuxième trimestre 2024. Toutefois, cette dynamique pourrait légèrement s’essouffler au second semestre, comme l’indique l’évolution de l’indice Morningstar LSTA US Leveraged Loan, une référence pour mesurer les rendements de la dette privée, notamment des prêts directs. Cet indice a affiché un rendement brut de 11,1 % sur les 12 mois se terminant au deuxième trimestre 2024 et prédit un rendement de 8,9 % pour l’ensemble de l’année 2024.

Malgré sa performance négative, l’immobilier montrait au deuxième trimestre 2024 des signes de redressement après deux années consécutives dans le rouge et un recul qui s’établissait encore à 4,4% au premier trimestre. D’après les données préliminaires recueillies par Pitchbook, le rendement serait remonté à 2,9% au troisième trimestre 2024, soit le premier chiffre trimestriel positif depuis le deuxième trimestre 2022.

De leur côté, les rendements du private equity (PE) ont progressé modérément, atteignant 9,3 % sur un an au deuxième trimestre 2024, soit une hausse de 40 points de base par rapport au premier trimestre. Une performance honorable mais toutefois largement inférieure à celle marchés côté, l’indice MSCI World ayant enregistré une progression de 20,5 % sur la même période.

Quant au venture capital (VC), le chemin vers la reprise semble encore semé d’embûches. Le taux de rendement interne (TRI) des fonds de capital-risque était de -1,9 % pour les 12 mois se terminant au deuxième trimestre 2024, une performance légèrement inférieure à celle du trimestre précédent (-1 %). Bien que des signes de reprise soient évidents, avec des rendements plus élevés en 2024 qu’à n’importe quel moment de 2023, le deuxième trimestre 2024 a marqué le huitième trimestre consécutif de rendements négatifs sur un an pour cette classe d'actifs. Comme l’explique Nalin Patel, directeur de recherche, capital privé pour la région EMEA chez PitchBook, "les sorties réussies sont à la base des rendements positifs du capital-risque, mais l’absence de telles sorties au cours des derniers trimestres a freiné le potentiel de hausse".

Parmi les autres stratégies, les actifs réels ont enregistré un rendement de 7,6 % pour l'année jusqu'au deuxième trimestre 2024, confirmant leur constance, la performance des fonds de fonds s’établissant à 2,4% et celle des stratégies secondaires à 5%.

 

La reprise des transactions alimente l'espoir

 

Pour la suite, "une incertitude accrue autour des règles du marché et des réglementations – une réalité particulièrement palpable en janvier 2025 – est souvent associée à une plus grande volatilité des rendements, suggérant que les tendances actuelles pourraient constituer un calme avant la tempête", prévient Hilary Wiek de Pitchbook.

L'incertitude s’est manifestée sur les marchés cotés au quatrième trimestre, avec une volatilité importante susceptible de venir perturber des marchés privés à peine revenus à une certaine normalité. "Sur les marchés privés, qui ne publient leurs résultats que trimestriellement, cette volatilité sera probablement lissée à court terme", estime la stratégiste.

Un point important qui faisait défaut dans les évaluations des marchés privés ces dernières années était l'absence d'un marché actif de transactions de sociétés privées sur lequel s'appuyer pour les valorisations.

Or, les données indiquent que la baisse d'activité transactionnelle observée en 2022 et 2023 s’est inversée, tant pour le capital-risque (VC) que pour le capital-investissement (PE) aux États-Unis. "Les perspectives sont également prometteuses en Europe, notamment pour le capital-investissement. Une reprise des transactions pourrait conduire à des évaluations plus réalistes, mais l'enjeu clé réside dans le fait que cette reprise pourrait enfin permettre de lever les blocages dans les portefeuilles de marchés privés", souligne Hilary Wiek. De quoi relancer les retours de capital pour les investisseurs et stimuler la collecte, la croissance du DPI (distribution sur capital investi) favorisant l'augmentation du capital disponible pour de nouveaux engagements.

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