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Euronext vient défier Eurex sur les obligations d’Etat / Une nouvelle gamme de dérivés à taux fixes plus flexible et mieux adaptée aux besoins des investisseurs particuliers
Euronext l’avait annoncé en quelques mots lors de la présentation de ses résultats annuels la semaine dernière. L’opérateur boursier paneuropéen se lance officiellement ce mardi matin dans les dérivés de taux fixes sur les principales obligations d’Etat européennes.
Une entrée royale sur ce segment de marché
Une innovation stratégique pour le groupe présidé par Stéphane Boujnah qui jusqu’alors se concentrait sur les dérivés sur actions en Europe, étendus néanmoins il y a peu à de nouvelles options sur actions (comme sur l’intégralité des composants du Dax allemand, ou sur les actions irlandaises et portugaises). "Il s’agit d’un angle de diversification majeur avant tout rendu possible grâce, d’une part au fait qu’Euronext possède sa propre chambre de compensation, Euronext Clearing qui nous permet d’aller sur de nouvelles classes d’actifs, et notamment les obligations d’Etat bénéficiant d’une tendance très positive du fait de l’instabilité géopolitique mondiale et de ses conséquences macro-économiques. Par ailleurs, le rachat de Borsa Italiana comprenait également les rachats des marchés de MTS (plateforme de négociations d’obligations institutionnelles européennes) et de MOT (marché se caractérisant déjà par une forte base d’investisseurs particuliers et institutionnels en Italie très friands du segment des obligations d’Etat). Nous sommes donc parfaitement légitimes à nous lancer sur le marché des dérivés à taux fixes sur les obligations d’Etat européennes", explique Charlotte Alliot, responsable dérivés financiers d’Euronext, dans un entretien à WanSquare.
Une granularité qui n’existe pas encore
La première phase de cette expansion stratégique, qui aura lieu en septembre prochain, verra l’introduction de contrats à terme en taille retail (25 000 euros minimum, soit un quart des lots minimaux des concurrents d’Euronext) délivrés en cash sur le marché des dérivés Euronext Milan via la plateforme Optiq, afin de faciliter l’intégration des produits auprès de la communauté d’investisseurs qu’ils soient particuliers, gestionnaires d’actifs (y compris du Royaume-Uni) ou investisseurs privés. Ils pourront ainsi mettre en place des stratégies plus granulaires, l’idée étant de leur offrir une flexibilité sans précédent, le tout avec un capital moins important à investir. "C’est une véritable innovation, il n’y a jamais eu en Europe de mini-futures sur des obligations d’Etat avec un règlement en liquidités. Euronext est pionnier en la matière ", insiste Charlotte Alliot.
Ces produits seront lancés sur les principales obligations d’Etat notamment les OAT françaises, les Bunds allemands et les Bonos espagnols, tous en 10 ans sauf les BTP italiens qui seront aussi lancés en 30 ans. "Concernant ces dernières, il est impossible d’en trouver aujourd’hui sur Eurex (European Exchange), le plus grand opérateur d’obligations d’Etat proposant des contrats en taille institutionnelle, à savoir 100 000 euros et en livraison physique (avec réception de l’obligation). Il s’agira donc d’une première en Europe", se félicite la responsable des dérivés financiers d’Euronext.
Une crédibilité gagnée sur le marché des particuliers
Avec cette nouvelle initiative, Euronext veut une nouvelle fois capitaliser sur sa particularité : être une agrégation de places de négociations locales. "Nous avons un lien unique avec les communautés d’intermédiaires financiers dans chacun de nos sept marchés réglementés européens (Amsterdam, Bruxelles, Dublin, Lisbonne, Milan, Oslo et Paris). Nous investissons déjà beaucoup sur le marché des particuliers, comme par exemple avec le lancement cette année d’un programme pédagogique sur les produits dérivés, sous forme de webinaires, disponibles en cinq langues, en partenariat avec les plus importants intermédiaires financiers d’Europe. La sensibilisation des particuliers est indispensable pour rendre ces produits dérivés – qui sont aussi des produits de couverture – plus accessibles", soutient Charlotte Alliot.
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