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Euronext a signé en 2024 les meilleures performances financières de son histoire / Le plus gros des investissements du nouveau plan stratégique attendu pour cette année
C’est ce que l’on appelle boucler une feuille de route en beauté. Pour la dernière année de son plan stratégique "Growth for Impact 2024", lancé en 2021, Euronext a fait fort. L’opérateur boursier paneuropéen a enregistré en 2024 une croissance à deux chiffres de son chiffre d’affaires, de 10,3 % sur un an, à 1,627 milliard d’euros et a atteint un résultat net par action ajusté record à 6,59 euros, en hausse de 19,6 % par rapport à l’année précédente. L’Ebitda net ajusté a franchi pour la première fois de son histoire le seuil du milliard d’euros (+ 16,4 %), dégageant une marge à 61,9 % (+ 3,3 points). "Alors qu’Euronext fêtera ses 25 ans cette année, je suis très satisfait de débuter 2025 en ayant terminé notre exercice précédent avec les résultats les plus performants de toute l’histoire du groupe. Nous avons reconstruit une entreprise qui a désormais une capitalisation boursière de 12 milliards d’euros ", s’est félicité Stéphane Boujnah, président du directoire d’Euronext à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
La récompense d’une double stratégie de diversification
Au total, si l’opérateur boursier paneuropéen visait entre 3 et 4 % de croissance du chiffre d’affaires par an, entre 2020 et 2024, celle-ci s’est établie à 4,7 %. Objectif également dépassé pour l’Ebitda ajusté qui ressort à 6,4 % contre 5 à 6 % attendu. Le succès d’un important travail de diversification avec notamment le rachat, ces dernières années, d’activités de trading, de compensation, de règlement-livraison, de services aux entreprises, tout en procédant à de lourdes migrations de ses systèmes. Une expansion qui lui a permis de couvrir désormais l’ensemble de la chaîne de valeur. Si bien que les revenus non liés aux volumes ont représenté en 2024, 58 % du total des performances du groupe et ont couvert 153 % des charges d’exploitation sous-jacentes. "Il s’agit d’une double diversification : d’abord au sein des métiers liés aux volumes qui croissent de près de 15 % à 559,4 millions d’euros l’année dernière, alors même que la partie actions a augmenté uniquement de 7 % seulement (284 millions d’euros). Mais l’ensemble des métiers de volumes, c’est-à-dire les taux fixes, dont MTS en particulier, ou encore le trading d’électricité ou de matières premières, les métiers du change, sont en croissance à deux chiffres, et même dans le cas du fixed income de 35,5 % sur un an", précise Stéphane Boujnah.
A cela s’ajoutent des années de travail sur la performance opérationnelle du groupe, une discipline stricte devenue une des marques de fabrique d’Euronext. "Notre base de coûts a augmenté de moins de 2 %, soit moins que l’inflation, tout en réussissant à faire grossir notre chiffre d’affaires de plus de 10 % ", souligne le patron d’Euronext, rappelant aussi l’intégration réussie de Borsa Italiana. "En novembre 2020, nous avions annoncé 60 millions d’euros de synergies d’Ebitda, nous en avons réalisé 121 millions d’euros. De même, nous avions également prévu de dépenser 150 millions d’euros de coûts d’intégration, ils se sont finalement élevés à 111 millions d’euros ", poursuit-il.
Pas d’inquiétude pour les sorties de cote
Et Euronext trônait encore l’année dernière à la première place des cotations en Europe avec 53 nouvelles cotations d’actions, dont 12 provenant de sociétés étrangères aux marchés du groupe (soit la moitié des cotations internationales en Europe en comptant le Royaume-Uni et la Suisse), et 14 700 nouvelles cotations d’obligations, un leadership mondial concernant ces dernières.
Interrogé sur le dernier rapport EY faisant état d’un phénomène inquiétant de sorties de cote des entreprises, Stéphane Boujnah rappelle que les 50 dénombrées en 2024 à Paris ne sont pas significativement supérieures à celles observées dans le passé. "La moitié concerne des opérations de fusions-acquisitions, environ 15 à 20 % sont des défaillances d’entreprises et un quart sont des delisting volontaires. C’est un mouvement qui n’est certes pas favorable mais il ne s’agit d’un exode, et en tout cas pas vers d’autres places boursières, comme à la Bourse de Londres où il existe un effondrement de la liquidité du marché des actions. Il y a en revanche moins d’entrées de cote mais la bonne nouvelle est que les équipes d’equity capital market ou les fonds de venture capital nous assurent avoir un pipeline extrêmement important de projets d’introduction en Bourse et de cotation, je suis donc résolument optimiste pour 2025. Et ce, d’autant que les montants levés sur Euronext ont augmenté très significativement, de 55 %, entre 2023 et 2024", veut-il rassurer.
Une augmentation de la base de coût de 5 % cette année
Pas de quoi inquiéter l’entreprise qui se revendique comme le plus grand marché intégré d’Europe et le plus profond, avec plus de 25 % des actions échangées sur ses marchés, le double des volumes d’actions échangées chaque jour à Londres. Par ailleurs, la capitalisation boursière agrégée des sociétés cotées sur Euronext est de près de 7 000 milliards d’euros, le double aussi de Londres. "Notre modèle est unique en Europe, aucune plateforme n’est aussi paneuropéenne et intégrée qu’Euronext. C’est une force considérable qui délivre de la valeur aux clients", insiste Stéphane Boujnah. Un optimisme qui permettra au groupe de proposer, lors de l’assemblée générale prévue le 15 mai prochain, un total de dividendes de 292,8 millions d’euros, représentant ainsi 50 % du résultat net publié en 2024 (en phase avec sa nouvelle politique d’allocation du capital) et une augmentation de 14 % par rapport à 2023.
Place pleinement désormais à l’exécution de la nouvelle feuille d’Euronext, "Innovate for Growth 2027", présentée en novembre dernier. "L’entreprise est très saine et possède un bon bilan avec une dette sur Ebitda de 1,4 fois à fin décembre 2024. Notre notation par S & P vient d’être upgradée de BBB + à A-. L’objectif aujourd’hui est donc de poursuivre l’expansion d’Euronext en capitalisant sur cette réussite et en augmentant dès 2025 notre base de coût de 5 %, un investissement considérable et le plus important de notre plan stratégique afin de réaliser les objectifs de croissance organique que nous nous sommes fixés ", affirme le président du directoire. Pour mémoire, Euronext vise une croissance organique de son chiffre d’affaires et de son Ebitda ajusté supérieure à 5 % en moyenne par an entre 2023 et 2027.
Une nouvelle initiative à venir
Soucieux de ne pas perdre de temps, le groupe a d’ailleurs d’ores et déjà engagé plusieurs offensives importantes ces dernières semaines, comme l’acquisition de l’activité de contrat à terme sur l’électricité dans les pays nordiques de Nasdaq, dans le but de développer une offre d’électricité au-delà de celle de Nord Pool. Il y a quelques jours, le groupe a annoncé sa collaboration avec Euroclear afin d’améliorer l’offre de gestion du collatéral d’Euronext Clearing et étendre sa franchise de compensation de repo italienne à une large gamme d’obligations d’État européennes. "Une initiative qui constitue une étape majeure dans la réalisation de l’ambition d’Euronext, offrant ainsi une offre de valeur efficace aux clients européens et internationaux ", se félicite Stéphane Boujnah, qui annonce le lancement mardi prochain d’une nouvelle initiative sur les dérivés de taux fixe. "Le développement du plan se fait plus vite que prévu ", nous fait-il remarquer.
Des opportunités de croissance prometteuses destinées à renforcer encore la position de première infrastructure de marché de capitaux en Europe. "D’autant que l’Union européenne semble déterminée à s’engager dans une œuvre de simplification réglementaire, de nature à faciliter les opérations de marché ", s’enthousiasme le patron d’Euronext.
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