Macro-économie / Taux / PIB / France
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PIB / France
Pâle fin d’année pour l’économie française / Peu de vent dans le dos en 2025
Un automne un peu décevant pour l’activité économique française. D’après l’Insee, le Produit intérieur brut (PIB) en volume a reculé de 0,1 % au quatrième trimestre 2024. L’institut statistique et la Banque de France escomptaient une stabilisation après une performance au-dessus du tendanciel à l’été (+ 0,4 %) du fait des Jeux Olympiques et Paralympiques. Sur l’ensemble de l’année 2024, le PIB a progressé de 1,1 %, soit en ligne avec ce qu’attendait le gouvernement.
L’une des bonnes nouvelles provient de la demande intérieure, plus particulièrement des dépenses de consommation des ménages. En effet, dans un contexte de désinflation, elle a connu une hausse de 0,4 % entre octobre et décembre, contribuant positivement à hauteur de 0,2 point à la croissance. Hors JO, cela faisait depuis le troisième trimestre 2023 qu’elle n’avait pas augmenté aussi vite. Les achats d’automobiles, semble-t-il notamment en lien avec l’anticipation de la baisse du bonus pour les achats de véhicules électriques, et de biens alimentaires, ont joué favorablement.
L’autre composante phare de la demande intérieure et de la croissance de moyen terme qu’est la formation brute de capital fixe (FBCF) du secteur privé n’affiche en revanche pas une grande forme. Il faut dire qu’en plus de faire face à des taux d’intérêt élevés, malgré le début de la normalisation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, les entreprises françaises sont aux prises avec une incertitude importante sur le plan domestique compte tenu de la situation politique.
De sorte que leur investissement s’est très légèrement contracté (-0,04 %). Cela fait cinq trimestres consécutifs qu’il recule, tant et si bien qu’il évolue près de 3 % en dessous de son étiage de l’été 2023. Et les conjoncturistes ne voient pas de retour en territoire de croissance lors du premier semestre de cette année. Sur une année civile (taux de variation entre les quatrièmes trimestres de deux années), jamais l’investissement des entreprises non-financières n’avait autant reculé depuis la crise des dettes souveraines de la zone euro en 2012.
Qu’en déduire pour la suite ? Et bien pour 2025, l’acquis de croissance s’élève à 0,2 %. Pour mémoire, il s’agit de la progression qu’afficherait le PIB cette année s’il demeurait, au cours des quatre trimestres, au même niveau qu’au dernier trimestre 2024. Cela représente en quelque sorte une prévision plancher. Cela implique que pour atteindre la prévision de croissance de 0,9 % de l’exécutif en 2025, le PIB devra augmenter en moyenne de 0,3 % chaque trimestre.
Cela correspond à peu près au rythme de la croissance potentielle hexagonale, voilà sans doute pourquoi le consensus des économistes mise plutôt une hausse de 0,7 % du PIB cette année. Cela supposerait un glissement trimestriel moyen de 0,2 %. "Les incertitudes intérieures, autant que la morosité de nos principaux partenaires commerciaux, n’incitent pas à l’optimisme pour la conjoncture des prochains trimestres. La menace d’une guerre commerciale avec les États-Unis est, en plus, un risque baissier sur les prévisions réalisées en début d’année", explique Sylvain Bersinger, chef économiste d’Asterès. "Le ralentissement en fin d'année souligne la nécessité d'adopter un budget pour mettre fin aux incertitudes et restaurer la confiance des ménages et des entreprises", a commenté Eric Lombard, ministre de l'Economie et des Finances.
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