Fusions, Acquisitions
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Le grand rapprochement entre Bureau Veritas et SGS n’aura pas lieu / Les discussions n'ont pas été concluantes
Ce qui aurait pu donner naissance à un géant de la certification attendra. Bureau Veritas a fait savoir lundi avant l’ouverture des marchés que le rapprochement avec son homologue suisse SGS n’était plus à l’ordre du jour. "Bien qu’une forte conviction existe autour du potentiel de création de valeur lié à la consolidation du secteur des Tests, Inspection et Certification (TIC), Bureau Veritas annonce que ces discussions ont pris fin et n’ont pas abouti à un accord", a indiqué le groupe dirigé par Hinda Gharbi. "SGS et Bureau Veritas ont étudié un éventuel rapprochement. Les discussions n’ont pas abouti à un accord et sont terminées", a de son côté commenté SGS.
Les deux groupes avaient en effet confirmé le 15 janvier dernier être en pourparlers en vue d’un potentiel mariage, à la suite d’informations ayant fuité au travers de Bloomberg. Des sources proches du dossier avaient alors dit à l’agence de presse qu’un accord était sur le point de se conclure entre les deux géants du secteur. Ces derniers avaient indiqué qu’elles ne présageaient pas de la signature d’une alliance, ce qui a finalement été confirmé par l’abandon des négociations.
Il est vrai que cette fusion aurait pu créer un cador incontesté des TIC, d’une valorisation combinée d’environ 30 milliards d’euros. Leur marché en est un de taille, estimé à 300 milliards d’euros par Bureau Veritas, qui avait aussi relevé lors de la présentation de son plan stratégique pouvoir s’adresser à la moitié de l’ensemble. Un ensemble porté par des tendances de fond, qui ne devraient pas être amenées à faiblir, à l’instar de la réglementation croissante relative à la durabilité des entreprises, de la transition énergétique, des besoins grandissants d’assurance tout au long des chaînes d’approvisionnement mondiales, ou encore de la cybersécurité. Néanmoins, il reste très fragmenté, car imbriqué aux réglementations régionales et composé d’un grand nombre d’acteurs moyens spécialisés.
Poursuite des stratégies respectives
C’est notamment en ce sens que Bureau Veritas poursuit une stratégie d’acquisitions active, comme prévu dans son plan "Leap 28". La dernière date de la semaine dernière et concerne Content AQS, une entreprise italienne spécialiste dans le domaine des bâtiments et des infrastructures.
Les deux acteurs sont par ailleurs de tailles à peu près équivalentes. SGS, dont le Groupe Bruxelles Lambert est le premier actionnaire, a généré 7 milliards d’euros de revenus l’an passé, emploie 100 000 personnes et affiche une présence dans 120 pays du monde. Bureau Veritas – dont l’actionnaire majoritaire et historique est Wendel et dont Bpifrance détient aussi 4 % des parts, depuis que le premier a organisé une cession de titres – a, de son côté, enregistré 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, possède une présence dans 140 pays et compte quelque 83 000 collaborateurs. Sans donner plus de détails sur l’abandon du projet, Bureau Veritas et SGS affirment rester concentrés sur la poursuite de leurs plans stratégiques respectifs.
Ce potentiel rapprochement entre égaux avait suscité quelques interrogations de la part des analystes financiers, certains doutant des potentiels de synergies exploitables et des risques d’exécution de cette intégration majeure, d’autres indiquant qu’une fusion ne semblait pas forcément utile à l’accélération de ces deux entreprises prospères. Bureau Veritas vise, pour mémoire et d’ici à 2028, une croissance totale élevée à un chiffre de ses revenus, l’amélioration constante de sa marge opérationnelle ajustée et un retour pour ses actionnaires à deux chiffres. Pour l’heure, le groupe semble bien engagé sur cette voie, alors que ses objectifs pour 2024 ont déjà été relevés à deux reprises. Ses résultats annuels seront publiés le 25 février prochain.
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