Macro-économie / Taux / Fraudes / chèque / virement
Macro-économie / Taux
Fraudes / chèque / virement
La fraude aux moyens de paiement diminue dans l’Hexagone / Des progrès dus tant aux outils modernes que traditionnels
Des lauriers partagés entre bien des acteurs. On comprend vite, à la lecture des statistiques de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiements (OSMP), sur la fraude aux moyens de paiement du 1er semestre 2024, que la baisse par rapport au début d’année 2023 ne saurait être imputée à une seule raison, bien au contraire.
On se félicite ainsi de constater que "la fraude au chèque connaît un repli significatif (-20,4 %), mettant en exergue l’amélioration des dispositifs de détection des encaissements frauduleux", tout comme il est fait état que la fraude par manipulation, ayant trait aux paiements par carte sur internet et aux virements de banque en ligne, "reflue pour la première fois depuis la mise en place de l’authentification forte (-2,0 %) ". Autre bonne nouvelle, il s’avère que le taux de fraude sur le virement instantané est considéré comme restant "maîtrisé (0,040 %), à un niveau toujours inférieur à celui de la carte (0,054 %)".
Us et coutumes
Un constat d’autant plus important qu’il accompagne l’évolution des pratiques, ce moyen de paiement étant considéré comme "appelé à se développer en 2025, en raison de l’alignement tarifaire avec le virement classique exigé par le règlement européen sur les virements instantanés depuis le 9 janvier dernier". Dans une perspective plus large on constate en effet qu’entre le premier semestre 2023 et 2024, que le nombre de virements instantanés a progressé de 70 % et pèse pour 9,3 % des virements agrégés. Dans le même temps, les paiements sans contact par mobile ont augmenté de 61 %, pour représenter 13,5 % des paiements par carte au point de vente.
Le chéquier semble de plus en plus être remisé au placard avec une baisse de 12,4 % sur un an, pour ne plus peser que pour "2,4 % du nombre d’opérations scripturales". Denis Beau, premier sous-gouverneur de la Banque de France et Président de l’Observatoire, a évoqué sa confiance dans des projets en cours "comme la généralisation de l’authentification des numéros d’appel achevée ce mois-ci par le secteur des télécoms ou le développement attendu d’ici octobre 2025 de la vérification du bénéficiaire pour les virements, à accélérer cette tendance". Il faudra cependant que ses équipes ne restent pas les bras croisés puisque de nouvelles menaces pointent le bout de leur nez.
Nouvelle donne
Elles en semblent conscientes, notamment Julien Lasalle, adjoint au directeur des études et de la surveillance des paiements, qui s’est fait l’écho lors de la conférence de presse de la tenue d’un évènement le 6 mai conjointement avec le Comité national des moyens de paiements. Le sujet de la souveraineté française et européenne y sera abordé, tout comme une présentation des travaux de veille technologique sur l’IA sera effectuée. Il s’est refusé à considérer l’émergence de l’IA telle une seule menace et a indiqué que des usages positifs pouvaient en découler, tout en évoquant le fait qu’il y ait "déjà des cas retentissants en Asie notamment dans un cadre professionnel".
Les équipes de l’OSMP semblent également vouloir appliquer à des moyens de paiements plus traditionnels des succès associés aux moyens de paiements modernes. Elles ont ainsi fait part de leur souhait "qu’il soit aussi simple de mettre en opposition un chèque qu’une carte ". Des succès outre-Manche dans la coopération avec les réseaux sociaux pour faire de la prévention semblent également être suivis de près.
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