Macro-économie / Taux / impact carbone / Made in France / relocalisation
Macro-économie / Taux
impact carbone / Made in France / relocalisation
Un made in France qui décarbonerait la planète / Les relocalisations seraient bénéfiques sur ce plan-là
Une fois encore le nucléaire permet à la France de tirer son épingle du jeu. Un constat cette fois associé au made in France, défini comme le contenu en valeur ajoutée française de la demande intérieure finale française, par un document de travail de l'Insee, ce dernier étudiant les "effets d’entraînement sur l’ensemble de l’activité de la localisation d’une activité en France plutôt qu’à l’étranger". Il faut dire que les conséquences en termes d’émission de gaz à effet de serre sont loin d’être dénué de tout lien avec le made in France, dans la mesure où ce dernier n’est plus que de 78 % en 2019 contre 89 % en 1965.
La place du prépondérante du nucléaire dans le mix énergétique hexagonal n’est pas étrangère à l’affirmation que tant ce dernier que la production nationale y est moins carbonée que chez ses principaux partenaires économiques. La modélisation développée par les deux auteurs, Alexandre Bourgeois et Jeremi Montornes, leur fait ainsi affirmer que "si un établissement s’installe en France plutôt qu’à l’étranger, une plus grande part du PIB mondial est alors produite en France et les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) sont plus faibles".
Plus pour moins
Les calculs effectués par leurs soins tendent à montrer que dans le cas où un nouvel établissement manufacturier générant 1 milliard d’euros de valeur ajoutée s’installe dans l’Hexagone, alors il apparaît que "les émissions en France augmentent de 0,5 million de tonnes en équivalent CO2 (MtCO2) mais elles baissent de 1,2 MtCO2 dans le reste du monde. L’empreinte Française baisse, elle, de 0,3 MtCO2 ". Ce dernier chiffre s’explique par le fait qu’il s’agit d’une mesure prenant en compte les émissions associées à la consommation de produits par les résidents d’un pays et ce en dehors de toute considération sur le lieu de fabrication de ces produits.
Pour étayer leur affirmation sur la plus faible intensité carbone d’une production située en France, ils raisonnent à une échelle plus large en avançant que dans le cas où " l’activité manufacturière était rehaussée en France de 1 point de PIB en substitution de production ailleurs, les émissions mondiales baisseraient de 15 MtCO2 (elles baisseraient d’environ 35 MtCO2 ailleurs) et l’empreinte carbone de la France baisserait d’environ 8 MtCO2 ". Pour autant ces résultats plutôt souhaitables sur un plan agrégé rendraient plus difficile d’atteindre les objectifs tricolores en matière de décarbonations.
Hétérogène
À l’inverse avec cette localisation d’activité manufacturière en France plutôt qu’à l’étranger qu’évoque le document de travail, il s’avère que la baisse des émissions serait loin d’être la même partout à la surface du globe. Elle serait "particulièrement marquée en Chine (-280 ktCO2), en Allemagne (- 80 ktCO2), en Russie, aux États-Unis et en Inde (-70 ktCO2)", il est en effet argué que les produits français relativement peu carbonés "représenteraient alors une plus grande part de la consommation de ces autres pays, l’empreinte carbone baisserait dans tous les pays".
Des résultats qu’il faut également considérer à l’aune de secteurs hexagonaux à l’intensité carbone fort différent de l’un à l’autre. C’est le cas de la production d’équipements pour laquelle les émissions augmenteraient "de seulement 170 ktCO2 en France pour un établissement dans cette branche, c’est-à-dire 13 % de la baisse des émissions observée à l’étranger". Là où à l’inverse ce constat serait moins vrai pour la branche produits chimiques, pour laquelle l’augmentation sur le territoire national serait "de 980 ktCO2, soit 54 % de la baisse à l’étranger". Tel un signe que le seul mix énergétique n’est pas le seul avantage sur la question.
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