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Crime Science Technology accueille C4 Industries à son capital / Le fonds de Pascal Cagni devient son investisseur de référence
Un actionnariat français pour une entreprise stratégique et souveraine. Crime Science Technology (C.S.T), entreprise connue pour sa technologie sécurisant les documents officiels, annonce ce jeudi l’arrivée de C4 Industries à son capital. Elle pallie la sortie de l’industriel allemand Covestro, numéro un mondial des polymères de haute technologie et du fonds de la Région Hauts-de-France, plutôt habitué à accompagner les entreprises dans leurs premières phases de croissance.
Et qui de mieux que cette plateforme entrepreneuriale fondée par Pascal Cagni, l’ancien directeur général d’Apple EMEIA de 2000 à 2012, recruté par Steve Jobs, pour occuper désormais la position d’investisseur de référence ? "L’objectif que nous avons en commun est celui d’être le Apple de la sécurité, soit une entreprise qui a su répondre à un besoin fort grâce à l’innovation technologique", souligne auprès de WanSquare le président et fondateur de l’entreprise, Cosimo Prete. Si Pascal Cagni est aussi, en parallèle, le président de Business France, ce n’est pas au travers de cette casquette que sa structure accompagnera C.S.T, mais bien avec cette plateforme reconnue pour avoir réalisé plus de 50 investissements dans des start-ups, dont 9 sont devenues licornes.
Un modèle et une technologie bien installés
Cette arrivée s’accompagne de la structuration d’une augmentation de capital à venir, bien que l’entreprise soit déjà parfaitement viable. Rentable, son taux de croissance de chiffre d’affaires est supérieur à 50 %, tandis que ses revenus récurrents lui assurent une visibilité de 5 à 7 ans en moyenne. "Notre actif industriel fonctionne comme un Saas mais sur du long terme", relève Cosimo Prete. Reste que "le plus grand ennemi de l’entrepreneur, c’est le temps. Il faut donc accéder rapidement aux bonnes ressources pour capitaliser sur les éléments positifs", poursuit-il.
Des éléments positifs, l’entreprise en a de fait à revendre. "Pour comprendre notre technologie, il faut repartir de notre constat initial", relève cet ancien expert de la police scientifique, spécialiste en fraude documentaire "Lorsque l’on parle de papiers d’identité, c’est un abus de langage car ils sont désormais en plastique. Mais le passage de l’un à l’autre les a rendus moins sécurisés. Nous avions cette opportunité de créer le premier plastique qui le serait : nous avons développé une molécule qui change de couleur en fonction de l’angle d’observation et de l’environnement, que nous intégrons au cœur de la matière. Puis nous avons décliné cela sous forme d’encre", ajoute-t-il.
Cap sur le monde
Cette technologie, baptisée O.V.M, est brevetée dans une trentaine de pays, reconnue par l’instance de régulation de l’ONU pour l’élaboration des documents d’identité et par l’Agence des gardes-frontières de l’Union européenne, FRONTEX. Elle a rapidement fait mouche à l’international, puisque 95 % du chiffre d’affaires de C.S.T est réalisé hors de France. Au regard des enjeux de sécurité relatifs à ses activités, l’entreprise préfère jouer la carte de la discrétion. Les cartes d’identité, passeports et permis de conduire intégrant son innovation sont néanmoins utilisés en Allemagne, en Australie, en Turquie, en Lettonie, au Mexique ou en Mongolie… en tout, plus de 500 millions de citoyens y ont accès dans quinze pays.
Parmi ses clients privés, l’on y retrouve notamment aussi des groupes dont l’État français est actionnaire : une manière pour ce dernier de soutenir l’entreprise au travers de ses participations, souligne Cosimo Prete.
Une course d’importance
Et puis, la sortie de Covestro du capital de l’entreprise ne signifie pas que leurs liens stratégiques et commerciaux seront rompus pour autant. C’est avec ce groupe allemand coté au DAX que C.S.T produit et commercialise ces fameuses matières plastiques sécurisées intégrant sa molécule, fabriquée sur son site industriel. Cette proximité avec l’écosystème d’outre-Rhin a d’ailleurs été un vrai marqueur d’intérêt pour C4 Industries, relève le président et fondateur de C.S.T : "L’Allemagne est reconnue comme étant l’un des pays qui fournit les documents les plus sécurisés au monde".
Il n’est par ailleurs pas impossible que la technologie d’encre de C.S.T puisse convaincre certaines banques à moyen terme. Mais pour l’heure, l’objectif sera de s’internationaliser (encore) davantage, en partant à la conquête des États-Unis et du marché asiatique. L’entreprise, avec ses 17 salariés, compte aussi renforcer sa force de frappe en optimisant sa stratégie, notamment grâce aux operating partners de C4 Industries. "Nous allons entrer dans une nouvelle phase d’accélération et aller gagner de nouvelles parts de marché, avec la volonté de se réunir autour du bien commun. Ce ne sont pas de grands mots, car avec de faux papiers, l’on traverse les frontières, l’on achète des armes et l’on crée de faux comptes bancaires", souligne l’entrepreneur lillois. D’où l’intérêt de garder, surtout, une vraie longueur d’avance en matière d’innovation. "C’est toujours la course entre la technologie et le faussaire. La nôtre leur est inconnue, mais il faut aller toujours plus loin", conclut le président de C.S.T.
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