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Macro-économie / Taux / Dette mondiale / fmi

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Dette mondiale / fmi

Un taux d’endettement mondial au plus bas depuis la période pré-pandémique / Quatre phénomènes pourraient l’expliquer

En 2023, la dette mondiale (entreprises non financières, ménages et Etats), s’est élevée à 237,2% du Produit intérieur brut (PIB), soit une baisse de 0,8 point sur un an et de 20,5 points par rapport au pic de 2020. La hausse de l’inflation ne serait qu’une partie de l’explication, d’après le Fonds monétaire international (FMI).
Vitor Gaspar, directeur du département des affaires budgétaires du FMI - Brendan Smialowski / AFP
Vitor Gaspar, directeur du département des affaires budgétaires du FMI - Brendan Smialowski / AFP

Le taux d’endettement planétaire continue de refluer. La dette mondiale (ménages, Etats et entreprises non financières) s’est établie à 237,2% du Produit intérieur brut (PIB) mondial en 2023, soit 250 000 milliards de dollars, indique une étude du Fonds monétaire international (FMI). Le ratio s’affiche en recul de 0,8 point comparativement à 2022 et de 20,5 points par rapport à son pic survenu pendant la crise pandémique. Rappelons qu’en 2019, la dette mondiale représentait 228,9% du PIB.

Dans le détail, ce mouvement n’est pas dû à des Etats qui auraient repris la main sur la trajectoire de leurs finances publiques. En effet, le taux d’endettement public mondial est passé de 91,8% à 93,8% du PIB entre 2022 et 2023. A l’inverse, le taux d’endettement privé s’affiche en diminution de 2,8 points, à 143,4%.

Le rapport conduit entre autres par Vitor Gaspar, directeur du département des finances publiques du FMI, met en avant au moins trois raisons derrière cette dynamique. Certes, l’envolée de l’inflation, en gonflant le PIB nominal a fait baisser le poids relatif de la dette. Mais ce n’est pas le seul facteur d’importance.

L’institution de Washington cite les perspectives de croissance. "Conformément à l'hypothèse du revenu permanent, si les taux de croissance actuels sont considérés comme temporairement élevés, compte tenu d'une croissance future attendue plus faible, les ménages et les entreprises sont découragés de consommer et d'investir aujourd'hui. Au contraire, étant donné que le présent est perçu comme exceptionnel, ils sont incités à rembourser leurs dettes", rappelle le FMI. Or, les prévisions des experts concernant la croissance mondiale à cinq ans ont chuté de 2,7 à 2,2 % entre 2022 et 2023, ce qui pourrait soutenir la baisse du recours à la dette.

En outre, l’incertitude aurait pu jouer un rôle. "Elle incite les entreprises à retarder leurs projets d'investissement et les ménages à différer leur consommation par précaution, ce qui réduit la dette privée", note le Fonds.

Enfin, la profitabilité des entreprises n'a sans doute pas été étrangère au recul du taux d'endettement privé. "Lorsque les entreprises réalisent des bénéfices plus élevés par unité de production, elles ont moins besoin d'emprunter et peuvent même rembourser plus rapidement une partie de leur dette. Les bénéfices des entreprises ont augmenté en 2023, les bénéfices unitaires augmentant de 1,5 % par rapport à 2022, car les entreprises ont pu augmenter les prix de leur production plus que l'augmentation des prix de leurs intrants", souligne le Fonds.

D'après ses économistes, c'est l'affaiblissement des perspectives de croissance qui a eu le rôle le plus déterminant dans la baisse du taux d'endettement privé en 2023. "Il est important de reconnaître que l'importance des trois facteurs contribuant à la baisse de la dette privée varie selon les pays. En Chine, les estimations suggèrent que les attentes de croissance à moyen terme restent un facteur clé de l'augmentation de la dette privée en 2023. Aux États-Unis, une croissance réalisée plus élevée, l'incertitude économique et des perspectives de croissance plus faibles ont contribué à la baisse de la dette privée l'année dernière", précisent-ils.

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