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exclusif L'interdiction des CDS à nu augmente le coût de la dette

EXCLUSIF. Selon le FMI, leur prohibition fait chuter la liquidité, ce qui entraine une augmentation des coûts de couverture et réduit l'intérêt des investisseurs. L'institution prône une révision de la règle de l'UE.
"L'interdiction européenne récente de l'achat des CDS souverains à nu semble aller dans la mauvaise direction." Ce constat, dressé par le FMI dans une étude publiée jeudi, fait suite à la nouvelle réglementation du Vieux Continent entrée en vigueur le 1er novembre. Cette dernière vise à diminuer la spéculation en obligeant les investisseurs qui veulent parier sur le marché des CDS à détenir les titres souverains que cet instrument protège. En réalité, cette règle créerait une distorsion des marchés financiers et augmenterait le coût de la dette, selon l'institution emmenée par Christine Lagarde. Depuis 2008, le rôle joué par les CDS dans l'exacerbation de la crise et, à l'inverse, l'utilité de l'interdiction de leur vente à nu ont été l'objet de nombres de controverses. Avant, les marchés de ces instruments de couverture étaient largement tournés vers les pays émergents, dynamique qui a évolué dès fin 2009 lorsque la zone euro est entrée dans la tourmente. Le CDS ont alors été accusés de servir les intérêts des spéculateurs qui pariaient contre les dettes souveraines. Pour sa part, le FMI a tranché. Leur boycott "engendre des conséquences inattendues qui peuvent affecter négativement la liquidité du marché et causer des dislocations dans d'autres marchés". Le fonds monétaire considère que les CDS réagissent aux fondamentaux économiques, de la même manière que les titres souverains. Seulement, ils absorbent l'information plus rapidement. Du coup, les credit default swaps "ne semblent pas plus enclins à une plus grande volatilité que les autres marchés financiers". L'interdiction conduit à une diminution du nombre de participants dans le marché des CDS souverains, ce qui par définition réduit la liquidité de ce dernier et peut même induire une augmentation des coûts de couverture. In fine, ce sont dont les titres d'Etats qui trinquent. "Cela peut réduire l'intérêt des investisseurs pour les marchés sous-jacents des obligations de nombreux pays, en augmentant le coût d'émission de leur dette", alerte le FMI. Effet qui a le plus de chance d'être ressenti par les petits pays. Le FMI ajoute que la taille des deux marchés n'est pas comparable : la valeur notionnelle des CDS à fin juin 2012 s'est établie à 3 milliards de dollars, contre 50 milliards d'encours de dette publique à fin 2011. Le FMI encourage donc l'Esma (Autorité européenne des marchés financiers) à rendre sa copie au Parlement européen d'ici le 30 juin sur les effets de cette régulation.
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