Indéfendable taxe Tobin
EXCLUSIF.
La taxe sur les transactions financières coûtera 300 milliards d'euros à l'UE, selon l'AIMA. Car si l'Etat ponctionne 0,1% à chaque étape du trading d'une action ou obligation, le produit aura au total été taxé de 1,1%.
Aux arguments habituels opposés à la taxe sur les transactions financières (TTF), l'AIMA préfère les chiffres. Pour contrer le projet de Bruxelles, l'association représentant les intérêts des hedge funds présente l'addition à l'Union Européenne : 300 milliards d'euros.
Premier impact de la taxe Tobin : la diminution du prix des actifs. En taxant de 0,1% les échanges d'actions et d'obligations, la valeur des actions du S&P500 devrait chuter de 7,6%. Dans le détail, ce sont les échanges à court terme qui pâtiront surtout de la loi. "Concernant le trading à court terme, la valeur des actions diminuera de 50%, même avec un taux de taxation très bas de 0,01%", affirme la note, qui s'appuie sur les données du FMI. A l'inverse, sur du long terme, même si la taxe s'élevait à 0,5%, la valeur des actions ne devrait chuter "que" de 1,4%.
Vont être eux aussi plombés les volumes de transactions. L'Aima rappelle qu'une semaine après la mise en place de la taxe en Suède, en 1989, les volumes ont chuté de 85%. Alors même que la TTF était bien plus basse (0,002% pour les actions et obligations, et 0,003% pour les dérivés) que celle actuellement envisagée. Ainsi, pour que leurs résultats n'en pâtissent pas, les gestionnaires devront inévitablement prendre plus de risques.
L'association fustige également "l'effet cascade" de la mesure. Comme chaque échange sera taxé (0,1% du vendeur au broker, 0,1% du broker au compensateur etc.), la taxe atteindra en réalité 1,1% pour l'ensemble de la chaîne, du vendeur à l'investisseur. A cela s'ajoute aussi "l'asymétrie" dans la taxation elle-même (0,1% sur les actions et obligations et 0,01% sur les dérivés), qui va détourner les investisseurs des deux premiers produits, au détriment du financement de l'économie réelle.
Enfin, l'association se rit de la Commission, "qui reconnait elle-même que la TTF va entamer la croissance du PIB". Cette dernière chiffre l'impact de la TTF entre 0,53% et 1,76% du PIB, c'est-à-dire entre 86 et 286 milliards d'euros. Alors même qu'elle s'attend à des rentrées d'argent de 25 à 43 milliards d'euros. L'Aima ajoute que la loi pourra être contournée par les entreprises dont le siège est à l'étranger et qui ont une activité de trading en Europe, alors même que l'inverse ne sera pas vrai.
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17/09/2021 - 10:31

