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Pour un ancien de Goldman Sachs, les banques US sont encore too big to fail
Les déclarations du nouveau gouverneur de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari, lors d'une conférence organisée par le think-tank Brookings Institute à New York, ont fait mouche sur les marchés américains hier. Lors d'une intervention musclée, le gouverneur a en effet déclaré que les banques américaines présentaient encore un risque systémique (too big to fail) et constituaient une menace pour la stabilité économique du pays, avec potentiellement l'éruption d'une nouvelle crise financière. "Il faut que nous agissions rapidement alors que la société a visiblement déjà oublié les leçons de 2008" a t-il déclaré devant un parterre de financiers.
Des propos qui ont surpris et choqué la communauté de Wall Street alors que Neel Kashkari est l'un de ceux qui avaient défendu les principales banques américaines en 2008, lorsqu'il occupait le poste d'assistant au secrétaire du Trésor, après avoir passé plusieurs années au sein de Goldman Sachs comme banquier d'affaires puis directeur de la division sécurité et nouvelles technologies. C'est lui notamment qui, au sein du Trésor, a été chargé de superviser le TARP (troubled asset relief program), réponse apportée à l'époque par l'Etat américain pour sauver le système bancaire du pays en 2008. L'ancien banquier s'est également présenté côté républicain pour être gouverneur de Californie et avait rejoint Pimco après avoir échoué dans l'Etat de l'ouest, avant d'être nommé à Minneapolis.
Un parcours et une couleur politique donc qui ne laissaient pas supposer une telle prise de position, plutôt habituelle chez les démocrates les plus à gauche. Le candidat démocrate aux primaires Bernie Sanders défend ainsi la même ligne de conduite vis-à-vis des plus grosses institutions américaines, estimant qu'elles devraient être scindées en plus petites entités. Les avis sur le "Too big to fail" divergent au sein des différents gouverneurs américains, puisque Donald L. Kohn de la Fed de Boston, a de son côté déclaré que le Dodd Frank Act et les réglementations mises en place depuis avaient nettement permis d'atténuer le risque systémique dans le pays (depuis janvier 2015, la Fed a mis en place de nouvelles règles pour mieux encadrer les rapprochements entre banques, et interdit la fusion de deux entités à partir du moment où l'opération les amènerait à détenir plus de 10% des engagements des banques américaines dans leur ensemble).
Mais selon Neel Kasjkari hier, ces règles ne sont pas suffisantes et annoncé hier qu'il allait étudier au sein de la Fed de Minneapolis les différentes pistes possibles pour réduire le risque systémique. Même s'il n'a visiblement pas encore fait part de ses projets à la présidente Janet Yellen! Outre la scission des plus grosses institutions financières, le gouverneur a également proposé d'augmenter les ratios de fonds propres des banques ou encore de mettre en place une taxe sur les emprunts pour réduire la prise de risque des banques et autres intermédiaires financiers. Une idée qui ne fait bien sûr par du tout l'unanimité et en particulier du côté de Wall Street où les principales concernées estiment que la prise de risque fait partie de leur métier, contribue à la croissance et risque d'être transférée aux autres acteurs moins régulés.
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