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JPMorgan signe l’année la plus rentable de son histoire / Mais l'effet des taux d'intérêt devrait décroître en 2024
L’année 2023 des grandes banques américaines, qui ont entamé vendredi la saison des résultats, a été record en termes de bénéfices. JPMorgan Chase, la plus grande d’entre elles, a dégagé un profit de 50 milliards de dollars l’an dernier, du jamais vu. Ce résultat, supérieur de 31% à celui de l’année précédente, a largement dépassé les 23 milliards de dollars de Bank of America, les 30 milliards de dollars de Wells Fargo ou les 40 milliards de dollars de Citigroup, également historiques.
Des résultats qui s’appuient pour partie sur la bonne santé du consommateur américain, qui "de notre point de vue va bien" a commenté Jeremy Barnum, le directeur financier de JPMorgan Chase. Celui-ci appréhende 2024 avec une relative sérénité. Si les taux d’intérêt élevés et l’inflation ont un temps fait craindre une récession, "je pense qu'il ne prête pas à controverse que les perspectives économiques ont évolué pour inclure une probabilité nettement plus élevée d'un atterrissage en douceur", a-t-il ajouté.
Bank of America et Wells Fargo ont également publié des commentaires optimistes. "Le consommateur dispose encore d'une grande puissance de feu", a commenté pour sa part Alastair Borthwick, le directeur financier de Bank of America. Et ce tandis que les dirigeants ne s’inquiètent pas particulièrement de l’augmentation attendue des pertes sur prêts à mesure que les mesures de relance liées à la pandémie vont disparaître.
Bien sûr, les grandes banques américaines ont bénéficié l’an dernier du niveau élevé des taux d’intérêt, que la banque centrale américaine (Fed) a porté à leur plus haut depuis début 2001. Ce dont a en premier lieu bénéficié JPMorgan chase, qui n’a cessé de relever ses prévisions de revenus nets d’intérêts - c’est-à-dire le montant des revenus qu’elle perçoit grâce aux prêts moins ce qu’elle paie pour les dépôts – pour finalement générer un revenu net d'intérêts record de 89,27 milliards de dollars en 2023, en hausse de 34 % par rapport à l'année précédente.
En la matière, 2024 devrait cependant voir une inflexion alors que les responsables de la Fed anticipent trois ou quatre baisses de taux cette année. Les banques pourraient certes continuer d’accroître leurs revenus nets d’intérêts si elles prêtent davantage, ce qui devrait s’avérer compliqué dans la mesure où elles s’attendent justement à un environnement plus difficile pour les prêts en 2024. Dans ces conditions, JPMorgan Chase prévoit que ses revenus nets d’intérêts devraient reculer à 88 milliards de dollars en 2024, tandis que Wells Fargo anticipe une diminution potentielle d'environ 7 à 9 % alors que Citigroup les attend "légèrement en baisse".
Parallèlement, du côté de leurs ressources, si les très grandes banques bénéficient toujours d’une dynamique supérieure à celle de leur leurs homologues régionales, la croissance de leurs dépôts ralentit. JPMorgan a indiqué que ses dépôts moyens s’étaient stabilisés d'une année sur l'autre au quatrième trimestre, bien qu’elle ait absorbé la First Republic Bank en 2023, et les dépôts trimestriels de Bank of America et Wells Fargo ont légèrement reculé.
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