[WARNING] Undefined array key "auteurEdito"
  in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php (line 142)

Warning: Undefined array key "auteurEdito" in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php on line 142
France : un déclin inéluctable sans certaines réformes... | WanSquare
WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie

Macro-économie / Taux
Macro-économie

France : un déclin inéluctable sans certaines réformes strucutelles

Le pays a dévoilé aujourd'hui une croissance de 0,2% seulement au troisième trimestre, soit en deçà des anticipations, notamment en raison d'une stagnation inquiétante de la consommation des ménages, principal pilier de l'économie française. Selon Natixis, la France sera confrontée à un lent déclin si certaines réformes ne sont pas réalisées rapidement.
Arc de Triomphe -Paris - France
Arc de Triomphe -Paris - France

Après un mauvais second trimestre, où la croissance française avait reculé de -0,1%, les analystes s'attendaient à un rebond plus fort que celui que l'INSEE a finalement dévoilé aujourd'hui pour le troisième trimestre. Ainsi, entre juin et fin septembre, le PIB a progressé de 0,2% seulement contre un consensus qui prévoyait plutôt 0,3% de hausse. Sachant que dans le détail, les chiffres ne sont pas tellement plus encourageants puisque l'unique contribution positive au PIB a été la hausse des inventaires, composante généralement très volatile. Et si l'investissement a progressé de 0,3% c'est en raison de la hausse des dépenses publiques et de la construction et non de l'investissement productif, qui a de son côté reculé. Par ailleurs, les dépenses des ménages ont stagné pour le second trimestre de suite, un chiffre inquiétant alors qu'elles constituent traditionnellement le principal contributeur de la croissance de l'Hexagone. D'autant que les analystes de Capital Economics estiment qu'elles pourraient baisser dans les prochains mois, en raison de la légère reprise de l'inflation, tandis que l'investissement pourrait marquer un coup d'arrêt à l'approche des élections de mai, qui créeront de l'incertitude pour les entreprises.

Une performance décevante donc, surtout quand on la compare à celle de la Grande-Bretagne qui a affiché hier une croissance de 0,5% sur la même période et ce, malgré le choc du Brexit, ou à celle de l'Espagne, qui a de son côté progressé de 0,7% entre juin et septembre, malgré les turbulences politiques internes.

Si la France ne réalise pas certaines réformes rapidement, elle risque de se retrouver à la traîne de toute la zone euro, et continuer d'afficher une croissance sans éclat malgré ses nombreux atouts. Tel est en tous cas l'avis de Patrick Artus de Natixis, qui, dans une note, avance cinq pistes de réformes concrètes pour que l'Hexagone reprenne des couleurs. "On parle souvent des points forts de l'économie française : qualité des infrastructures de transport, des ingénieurs, faible coût de l'énergie. Mais il faut réaliser que, malgré ces quelques points forts, la France va être confrontée à un déclin certain, si un certain nombre de réformes ne sont pas réalisées", explique ainsi l'économiste.

Un déclin déjà bien visible si l'on considère la hausse continue du chômage structurel, et des jeunes en particulier (situé autour de 25% contre moins de 13% dans les pays de l'OCDE hors France), le niveau très élevé des jeunes sortant du système éducatif sans aucune qualification (plus de 17% des 15 à 29 ans), l'affaiblissement des gains de productivité, la désindustrialisation ou encore la dégradation du commerce extérieur (hors énergie). L'économiste souligne par ailleurs la hausse tendancielle du poids des dépenses publiques, qui devraient représenter cette année 55% du PIB et la pression fiscale importante (les entreprises françaises possèdent encore des cotisations sociales parmi les plus élevées d'Europe), très défavorables à l'emploi.

Patrick Artus propose donc tout d'abord une réforme en profondeur du système éducatif, capable de donner "une seconde chance aux jeunes". Ceci pourrait notamment passer par des centres de formation en partenariat entre le système public d'éducation et les entreprises, sachant que plusieurs organisations de ce type existent déjà et fonctionnent très bien. Patrick Artus suggère également de mettre en place un système de formation professionnelles plus efficace: le système actuel est en effet très coûteux (1,5% du PIB), ne prépare pas aux emplois disponibles ni ne redresse le niveau de compétences de la population active. "Un partenariat étroit entre les institutions de formation, les collectivités locales et les entreprises permettrait de définir efficacement les contenus des formations". Autre réforme absolument nécessaire pour remettre la France sur les rails selon Natixis, celle de son système de retraites : celui qui existe actuellement est en effet coûteux, assez injuste (en raison des multiples régimes différents), et défavorable à la mobilité des salariés. "Un système par points unique, la valeur du point dépendant de la croissance et de la démographie de manière à assurer l'équilibre du système serait un progrès considérable", affirme ainsi l'économiste.

Autre caillou au pied de l'économie française, le déficit grandissant de son système de protection sociale. Une solution pourrait être de faire peser la charge sur des impôts qui ne nuisent pas à la compétitivité du pays et ne détruirait pas d'emploi, comme la TVA plutôt que les cotisations sociales. Sachant que la disparition des diverses cotisations sur les plus bas salaires réduirait fortement le chômage des moins qualifiés. Enfin, pour relancer les investissements et l'innovation, une réforme incitant les entreprises à moderniser leurs équipements est essentielle conclut l'économiste. Le crédit d'impôt recherche a eu un effet très positif sur la localisation en France des activités de recherche et il faudrait mettre d'autres mesures de ce type pour soutenir l'innovation dans l'Hexagone. 

Des pistes de réformes qui pourraient donner des idées aux candidats à la présidentielle, à quelques mois des élections, et alors que les programmes économiques seront un élément déterminant pour convaincre les Français. 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article