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Hermès / luxe / CAC 40 / Publication des résultats / résultats annuels
Hermès a le luxe d’échapper aux vents contraires / L'Amérique en vedette, la Chine toujours au rendez-vous
Le bal des publications annuelles des composantes luxe du CAC 40 s’est clôturé ce matin sur la performance d’Hermès. LVMH avait donné le tempo, à son ouverture, d’une valse aux rythmes de croissance à toute épreuve. Qu’à cela ne tienne, Hermès a suivi la danse en publiant des résultats en forte progression. La maison de luxe a facturé 11,6 milliards d’euros sur l’année 2022, soit une amélioration de 23 % de ses ventes à taux de change constants.
Malgré le contexte macroéconomique, la clientèle du sellier est restée au rendez-vous, puisque comme le souligne Sami Benjelloun, analyste en charge du dossier chez TP Icap Midcap, "la maison Hermès est positionnée sur un segment ultra-luxe. De fait, sa clientèle est peu susceptible d’être affectée par un ralentissement économique" ou par les hausses de prix pratiquées par Hermès pour répercuter l’inflation de ses coûts. Sur les trois derniers mois de l’exercice, le volume d’affaires est ressorti "très nettement au-dessus des attentes du consensus FactSet qui visait un chiffre d’affaires total de 2,8 milliards d’euros", commente le cabinet de recherche, en progression, comme sur l’année, de 23 % à taux de change constants (à près de 3 milliards d’euros).
Des croissances à deux chiffres
Pour les analystes de chez Stifel, "la vraie surprise du quatrième trimestre, par rapport aux attentes du consensus, s’observe d’une perspective régionale […] et sectorielle". Malgré les confinements qui ont pénalisé le marché chinois, "les ventes en Grande Chine ont connu une performance soutenue", se félicite le groupe. Dans la zone Asie hors Japon, les ventes se sont ainsi améliorées de 22 % à taux de change constants. La plus forte progression a été enregistrée en Amérique : le chiffre d’affaires a bondi de 32 %. Hermès peut aussi se targuer, depuis septembre dernier, d’avoir ouvert une adresse sur la très huppée Madison Avenue à New York.
Du côté des activités de la maison, elles enregistrent toutes des croissances à deux chiffres. La maroquinerie-sellerie, activité phare du groupe, a atteint 1,3 milliard d’euros sur le quatrième trimestre et près de 5 milliards d’euros sur l’année, en progression de 15,6 % à taux de change constants. C’est, en revanche, le pôle vêtement et accessoires, qui a rencontré la meilleure des croissances : il s’apprécie de près de 30 % sur le dernier trimestre et de 35,8 % sur l’année, à 3 milliards d’euros.
Collaborateurs et actionnaires récompensés
La santé de la rentabilité d’Hermès n’a rien à envier à celle de son activité, puisque le résultat opérationnel courant a progressé de 33 % à 4,6 milliards d’euros, la rentabilité opérationnelle courante atteignant ainsi "son plus haut niveau historique", pointe Hermès, à 40,5 %. Le résultat net, part du groupe, s’établit à 3,3 milliards d’euros, en hausse de 38 %. "Soit une rentabilité nette de 29 %", souligne Sami Benjelloun.
Les actionnaires de la maison se verront proposer un dividende de 13 euros par action à leur assemblée générale du 20 avril prochain. Hermès récompensera aussi l’ensemble de ses collaborateurs, puisqu’une prime de 4 000 euros leur sera versée. Logiquement, le groupe de luxe "aborde l’année 2023 avec confiance", en visant une progression du chiffre d’affaires à "taux constants ambitieux".
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