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L'accord entre Merkel et le SPD fait flamber l'euro
110 jours exactement après les élections, la chancelière Angela Merkel est enfin parvenue à trouver un accord avec le SPD afin de former un gouvernement, qui dirigera donc le pays pour les quatre années à venir. La partie n'est toutefois pas encore gagnée pour la chancelière, puisque le leader des sociaux démocrates Martin Schulz doit encore faire valider le texte du compromis lors du Congrès du SPD le 21 janvier prochain.
Les marchés ont, en tout cas, accueilli la nouvelle avec soulagement, après près de quatre mois d'errance, où la chancelière a d'abord essuyé plusieurs échecs, notamment avec sa tentative de former une coalition avec les Verts et les Libéraux du FDP. En milieu d'après-midi, le principal indice de la Bourse de Francfort était en légère hausse à 13 204,40 points tandis que l'euro atteignait un plus haut depuis décembre 2014 contre le dollar et s'échangeait autour de 1,213.
Dans le détail, les trois partis ont fini par s'entendre sur la question européenne, qui figure même en tête des thématiques abordées dans le texte du compromis. Le chef du SPD plaidait jusqu'à présent pour un renforcement de la zone euro, y compris financièrement mais s'était heurté à la réticence des conservateurs, opposés à toute idée de mutualisation de la dette notamment. Le texte est pour le moment assez vague, en particulier sur les réformes à venir estime Carsten Brzeski, économiste chez ING. En revanche, les partis se sont mises d'accord sur l'idée d'un "partenariat rapproché avec la France pour réformer la zone euro", qui devrait faire plaisir au président Emmanuel Macron, poursuit l'économiste ! Seul aspect concret de l'accord sur le sujet européen, la transformation du Mécanisme européen de stabilité en une sorte de FMI européen, et qui serait inscrit dans la loi.
Les trois partis se sont par ailleurs engagés à garantir les niveaux de retraites actuels jusque 2025 (le SPD n'a donc pas obtenu gain de cause sur la refonte complète du système de financement de la santé allemande). La CDU, CSU et le SPD enfin, ont décidé d'accélérer la transition numérique de leur pays, notamment en accordant d'importants budgets à la R&D dans ce domaine.
Le destin de la future grande coalition est donc désormais entre les mains des sociaux-démocrates, qui devraient a priori valider l'accord, conclut Carsten Brzeski. "Mais les derniers mois ont prouvé que la politique en Allemagne peut réserver des surprises", plaisante l'économiste. La chancelière devra donc encore patienter deux semaines et jouer de prudence, avant de pouvoir former enfin un gouvernement.
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