Macro-économie / Taux / Macro-économie
Macro-économie / Taux
Macro-économie
L'Italie, prochain risque politique pour les marchés
A moins d'un sévère revers aux législatives, Emmanuel Macron devrait parvenir à former une coalition entre son mouvement et les Républicains, écartant définitivement le risque politique français. Mais les marchés ont dorénavant d'autres échéances politiques en ligne de mire, qui malgré l'embellie de la conjoncture européenne, pourraient perturber les investisseurs dans les prochains mois. Premier rendez-vous politique, les élections anticipées au Royaume-Uni, le 8 juin prochain : selon les sondages britanniques, aucune surprise n'est à attendre et la premier ministre devrait parvenir sans difficulté à renforcer sa majorité conservatrice au Parlement. "Il est très peu probable de déboucher sur autre chose qu'un gouvernement conservateur plus fort", estime ainsi Azad Zangana, économiste et stratégiste Senior Europe chez Schroders.
Les élections allemandes seront l'échéance suivante, le 24 septembre. Mais une fois encore, le risque politique est assez faible, même si la chancelière Merkel n'est pas réélue. "Angela Merkel peut perdre, mais ce ne serait qu'au profit de ses partenaires de coalition, ce qui ne constituerait pas une préoccupation pour les investisseurs", poursuit l'économiste de Schroders. Le réel défi pour les marchés est le rendez-vous électoral italien, qui devrait avoir lieu d'ici mai 2018, même si la date n'a pas encore été fixée précisément. "L'Italie constitue une des plus grandes sources de risque, mais l'élection ne devrait pas intervenir cette année", explique ainsi Ranan Srivastava, deputy global chief investment chez Standish (BNY Mellon IM).
Le réformateur Matteo Renzi, à la tête du parti conservateur, devra en effet tenir tête au Mouvement Cinq-Etoiles (M5S), dirigé par l'iconoclaste Beppe Grillo, dont l'un des objectifs est de sortir de la monnaie unique. Or, selon les derniers sondages, son parti est en première place, avec 30% d'intentions de vote, soit 8 points devant le parti démocrate. Allié aux deux autres partis eurosceptiques du pays, La Ligue du Nord et Les Frères italiens, le M5S, obtiendrait près de 50% des voix. "Le mouvement protestataire "Cinq-Etoiles" (...) n'a pas d'idéologie forte, mais par le passé a soutenu une position anti-euro", explique ainsi Azad Zangana. Et, selon le dernières enquêtes d'opinion, l'Italie est le second pays où la monnaie unique a le plus faible soutien parmi les Etats membres.
La victoire d'Emmanuel Macron pourrait cependant donner quelque espoir à Matteo Renzi, qui incarne la même jeunesse et la même volonté de réformer son pays, tout en renforçant l'UE, estime de son côté Jack Allen, économiste Europe chez Capital Economics. En particulier si l'économie italienne continue de s'améliorer. Si le pays a faiblement performé l'an dernier, affichant une croissance de 0,9%, après une hausse de 0,8% seulement en 2015, les dernières enquêtes de confiance laissent entrevoir une accélération de l'activité. L'indice du sentiment économique de la Commission a ainsi atteint un plus haut de 11 mois pour l'Italie, tandis que les enquêtes PMI ont grimpé au plus haut niveau depuis juillet 2007. "La consommation privée a été le moteur de la croissance (...) en fin d'année dernière, et l'investissement se redresse dans toutes ses composantes," explique ainsi Paola Monperrus-Veroni, économiste au Crédit Agricole.
Quoi qu'il en soit, les élections ne devraient pas avoir lieu avant l'an prochain et l'opinion italienne pourrait donc beaucoup évoluer d'ici là. Surtout si Emmanuel Macron entame bien son mandat et si son exemple incite les Italiens à se tourner vers le réformateur Renzi. "Il est encore bien trop tôt pour se prononcer sur le résultat des prochaines législatives", commente ainsi Jack Allen. "Le public pourrait encore changer d'avis et personne ne sait si la loi électorale (ndlr. le Sénat est toujours élu à la proportionnelle après le rejet par la Cour constitutionnelle de la loi visant à changer le système, en novembre dernier) sera la même l'an prochain", conclut l'analyste de Capital Economics.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

