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Say on pay : les rémunérations n’ont pas fait débat dans le CAC
Alors que certains redoutaient l’attitude des actionnaires lors de cette saison des AG, la première où ils étaient invités à s’exprimer sur la rémunération des dirigeants pour l'exercice 2013, le Say on Pay n’a provoqué aucun remous… ou presque. Carlos Ghosn chez Renault n'a vu sa rémunération approuvée que par 64,3% des porteurs de parts. Georges Plassat, le P-dg de Carrefour, n’a lui reçu l’aval que de 70,9% des actionnaires. Le montant de la gratification n'avait été communiqué que quelques jours avant la tenue de l'assemblée générale, si bien que certains proxys avaient invité les investisseurs à se prononcer contre l'enveloppe. Leurs rémunérations respectives, 2,61 millions et 3,7 millions d’euros respectivement, ont sans doute semblé excessives au moment où leurs groupes connaissent une période de transition. Maurice Lévy, le patron de Publicis dont la rémunération est 100% variable (4,5 millions d’euros), a quant à lui payé l’échec du rapprochement avec Omnicom en ne réunissant que 67,7% des votes.
Néanmoins, cette première consultation des actionnaires est un succès avec un taux d’approbation moyen de 91% au sein du CAC 40 (88% pour le Next 80), explique Bénédicte Hautefort éditrice de l'Hebdo des AG, qui publie ce soir un premier bilan du say on pay sur la base des 95 assemblées tenues et suivies à ce jour. Les patrons des banques françaises n’ont de leur côté pas essuyé de critiques majeures. Jean Paul Chifflet chez CASA, Jean Laurent Bonnafé à la BNP et Frédéric Oudéa de la Société Générale ont même obtenu des scores supérieurs à la moyenne de l’indice parisien. Une surprise au regard des résultats nets des trois bancaires, en recul de 10%, 26% et 100% respectivement.
Néanmoins, ce succès illustre une déconnexion croissante entre les investisseurs et l’opinion publique, estiment certains analystes. D’autant plus, en réalité, que les résultats nets 2013 des entreprises composant l’indice parisien ont baissé de 9,4% sur un an quand la baisse des rémunérations n'est que de 2%; prouvant par ailleurs que les politiques d’alignement de la rémunération sur les résultats ne produisent pas leurs effets et ne sont pour l’heure que d’habiles éléments de langage à destination de l’opinion. Cependant, cet exercice est nouveau et tirer des conclusions aujourd’hui est sans doute précipité. Les entreprises du CAC ont certes produit un effort conséquent en terme de communication financière. La partie consacrée aux rémunérations dans les rapports annuels atteint ainsi en moyenne quatorze pages, contre quatre l’an dernier.
A noter que trois sociétés doivent encore tenir leurs assemblées générales: Saint-Gobain le 5 juin, Vivendi le 24 juin et Alstom le 1er juillet.
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