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Vers un nouvel allègement de la dette grecque ?
Le chef du gouvernement grec d'extrême gauche, Alexis Tsipras, a nettement adouci son discours anti-européen depuis son accession au pouvoir en juin 2015, et accepté de mettre de l'eau dans son vin, afin de ne pas se couper des aides de ses créanciers européens. Aujourd'hui encore, le leader de Syriza s'est mis d'accord avec ses partenaires sur un vaste plan de réformes structurelles, aux antipodes du programme anti-austérité sur lequel il s'était fait élire il y a deux ans. Mais qui devrait lui permettre d'obtenir la prochaine tranche du plan d'aide de 86 milliards de l'UE.
Ainsi, le premier ministre a notamment promis de diminuer les retraites de 18% supplémentaires (elles ont déjà baissé de 40% depuis 2011) et de libéraliser le travail le dimanche, afin d'atteindre un excédent primaire de l'ordre de 1,5% pour 2017. Rappelons que l'an passé, le pays est parvenu à dégager un excédent primaire de 3,9% défiant toutes les anticipations de ses créanciers, grâce à un ambitieux programme de coupes de ses dépenses, passées de 95,2 milliards à 86,1 milliards en un an. Certes, cet excédent ne prend en compte ni le service de la dette ni les arriérés que le gouvernement doit payer à ses fonctionnaires, mais il a tout de même démontré la volonté du pays de revenir dans les clous à marche forcée.
Les différentes mesures comprises dans l'accord devront encore être votées par le Parlement grec, où Syriza et le Pari indépendant ne possèdent qu'une courte majorité. Mais, selon les experts de Capital Economics, les députés devraient valider le package, alors que la Grèce doit rembourser 6 milliards d'euros au mois de juillet et qu'elle ne dispose pour l'instant pas des fonds. Les députés sont donc conscients que de leur soutien au programme dépendra le prochain versement européen. Surtout, ils espèrent qu'une mise en oeuvre rapide des mesures pourrait ouvrir la porte aux négociations sur un nouvel allègement de leur dette.
Seul problème : l'Allemagne souhaite que le FMI s'engage dans le plan d'aide avant d'entamer toute discussion sur une restructuration de la dette hellène, tandis que le FMI exige que celles ci commencent le plus rapidement possible, et avant même qu'il ne se soit prononcé sur sa participation financière.
Le calendrier pourrait toutefois s'accélérer dans les prochaines semaines, estiment les équipes de Capital Economics : le FMI et les créanciers européens pourraient notamment discuter du sujet lors du prochain G7 le 7 mai et ainsi préparer le terrain pour l'Eurogroupe du 22 mai, où les 27 chefs d'Etat réfléchiraient de nouveau à un haircut. Ils proposeraient alors leur plan au FMI, afin que celui-ci annonce rapidement s'il rejoint le rang des créanciers pour les prochains versements.
"Si le FMI participe, les taux d'intérêt grec devraient continuer de baisser", conclut Capital Economics. Aujourd'hui un titre grec à dix ans s'échange autour de 6,05% sur les marchés. Ce qui reste un niveau encore trop élevé pour permettre au pays de se refinancer en émettant des obligations.
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