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TTFE : Gérard Rameix invite à une "extrême prudence"
La réunion était prévue à 13h30 ce lundi à Bruxelles. Les ministres des Finances de la coopération renforcée devaient se retrouver pour discuter de la taxe sur les transactions financières européenne, en marge de l’Ecofin de demain. Et ce alors qu'en amont, Paris et Vienne se sont entendues pour relancer le débat pour une TTFE sur la base d'une assiette la plus large possible et de taux faibles associés. C’est dans ce même temps, à l’occasion d’une allocution aujourd'hui, devant l’European American Press Club, que le patron de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), Gérard Rameix, s’est exprimé sur la question.
« Si j'ai une chose à recommander, c'est une extrême prudence dans la fixation de cette taxe, parce que c'est évident que pour une partie non négligeable de l'activité la délocalisation est très facile chez les partenaires qui sont proches et qui sont y compris européens », a expliqué l’homme fort du gendarme de la Bourse, garant de la bonne tenue des marchés.
Gérard Rameix a insisté sur les possibles délocalisations, auxquelles certains acteurs financiers se préparent en cas de mise en place d’une taxe trop éloignée de la stamp duty à la française. « Je ne peux pas ne pas noter une contradiction assez forte entre l'idée de lever des fonds importants et de vouloir en même temps moraliser certains comportements et ne pas tenir compte des risques de délocalisations des opérations financières », a ajouté le président de l’AMF. Certains visent Londres mais, comme l’a rappelé Gérard Rameix, tous les pays où Euronext est présent en Europe ne font pas partie des 11 volontaires pour mettre en place une taxe. Les Pays-Bas manquent en effet à l’appel. Le patron du régulateur est également d'accord avec Steven Maijoor, le président de l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma), qui a indiqué dans une interview aux Echos préférer une taxe qui couvrirait les 28 Etats membres.
En outre, Gérard Rameix a évoqué dans un discours, les chantiers restants pour stabiliser le système financier. Il a notamment cité l’obligation de compensation centrale des produits dérivés en Europe, pour fin 2015. Compensation qui « ne va pas sans poser quelque difficultés ». Il va, par exemple, s’agir de mettre en place des mécanismes de résolution adaptés dans l’éventualité du défaut de l’une d’entre elle. « C’est ce à quoi l’Union Européenne travaille activement. »
Enfin, le président de l’AMF a relevé les paradoxes de certaines volontés politiques, comme celle de « limiter la sphère financière voire de punir ses excès tout en redoutant un manque de financement long… ». Une posture parfois schizophrène qui pourrait parfaitement illustrer le sujet de la TTFE. En effet, à l’heure où le gouvernement souhaite remettre sur les rails la compétitivité de la Place de Paris, une telle taxe parait insensée, si l’on fait exception des velléités électoralistes.
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