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Le bitcoin, monnaie des truands ?

Des chercheurs australiens ont prouvé que la moitié des transactions en bitcoin concernaient des activités illégales, confirmant la méfiance des chefs d'Etats et législateurs à l'égard de la première des devises virtuelles. 
bitcoin
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L'euphorie sur le bitcoin est-elle en train de retomber? La devise virtuelle s'est effondrée de plus de 30% depuis mardi soir et s'échangeait ce matin à 13.248 dollars contre 19.000 le 19 décembre, et ce, alors que les experts prédisaient un record de 20.000 avant la fin de l'année. La dégringolade a commencé dans la nuit de mardi, après l'annonce du piratage d'une des principales plateformes d'échanges en Asie, Youbit, en Corée du Sud. Si aucune mauvaise nouvelle supplémentaire n'a été dévoilée depuis, la cryptomonnaie s'est néanmoins de nouveau écroulée cette nuit, preuve de sa très grande volatilité et justifiant la méfiance des principaux chefs d'Etat et régulateurs nationaux à son égard.

Une étude réalisée par des chercheurs australiens devrait également noircir l'image de la devise virtuelle, puisque ceux-ci sont parvenus à prouver que la moitié des transactions en bitcoin étaient liées à des activités illégales. Un reproche qui avait très souvent été fait à l'égard de la devise, mais qui n'avait pas encore été prouvé scientifiquement. C'est désormais chose faite : les trois chercheurs Talis Putnins, Sean Foley et Jonathan Karlsen, de l'université de technologie de Sydney, ont ainsi utilisé des techniques propres à la comptabilité judiciaire, pour enquêter sur l'utilisation de la devise, sur la période 2009-2017. Ils ont notamment étudié à l'origine, l'activité des utilisateurs de bitcoins démasqués par le FBI et par d'autres organismes de lutte anti-corruption. Dans leur étude, intitulée "Sexe, drogue et bitcoin", les chercheurs ont abouti à la conclusion qu'un tiers des utilisateurs de la devise s'en servaient pour des activités illicites, et que la moitié des transactions concernaient le blanchiment d'argent ou le financement du trafic de drogues, d'armes ou de réseaux de prostitution... Si les scientifiques reconnaissent l'utilité de la technologie de la blockchain, dont le champ d'application est bien plus large que celui des crytomonnaies, ils estiment que le type d'activités financées par le bitcoin risque de retarder le développement et l'adoption de cette "chaîne de noeuds".

"Le but de notre recherche est d'aider les régulateurs à comprendre la taille et la tâche qu'ils doivent surmonter lorsqu'ils essaient de surveiller et réguler le bitcoin, particulièrement alors qu'il devient "mainstream" en étant par exemple coté sur les marchés à terme", a ainsi déclaré Talis Putnis. Un conseil directement adressé aux deux Bourses américaines, CBOE et CME, qui ont respectivement lancé les premiers futures sur le bitcoin, afin de protéger les investisseurs contre la volatilité de la devise virtuelle.

Selon le chercheur australien, les acheteurs "honnêtes", acquièrent principalement du bitcoin comme réserve de valeur et l'échangent très peu, tandis que ceux qui pratiquent des activités illégales ne cessent d'en vendre et d'en racheter. Selon lui, le bitcoin est bien plus traçable que ce qu'en croient ses utilisateurs et nombre d'informations liées à son utilisation peuvent être obtenues, via une enquête approfondie. "Les techniques que nous avons développées peuvent être utilisées par les autorités judiciaires pour des activités de surveillance, mais de façon plus large, une grande partie de ce que nous développons peut être transféré à l'analyse d'autres blockchains", a ainsi affirmé le professeur Putnis. Cette étude devrait encore accroître la méfiance des régulateurs nationaux et d'un certain nombre de financiers à l'égard du bitcoin, et les inciter à réglementer le plus rapidement possible ce marché opaque et très risqué pour les investisseurs "honnêtes". 

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