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Pétrole : une offre toujours aussi abondante

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a reconnu aujourd’hui avoir surestimé ses prévisions de croissance de la demande mondiale d’or noir pour 2016. Nombre de prévisionnistes continuent toutefois de penser que la demande pourrait doubler d’ici à 2030.
Puits de pétrole
Puits de pétrole

La perspective d'un rééquilibrage s'éloigne pour le pétrole : la demande est pénalisée par les incertitudes économiques et l'offre reste abondamment alimentée par l'Opep, a noté mardi l'Agence internationale de l'énergie. Au niveau actuel des prix du pétrole, 47,43 dollars le baril de brent, « on s'attendrait à une contraction de l'offre et à une forte hausse de la demande. C'est toutefois l'inverse qui semble se produire maintenant», a résumé l'AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole.

Lundi, l'Opep a reconnu avoir surévalué la baisse de la production des pays pétroliers non membres du cartel. La Norvège produit plus de pétrole qu'attendu, et le recul de la production du Kazakstan est moins accentué que prévu. L'Organisation a pompé à un niveau quasi record de 33,47 millions de barils par jour en août - soit 930.000 barils par jour de plus sur un an, selon le rapport.

Cela ne bouleverse pourtant pas la dynamique du marché, estime Christopher Dembik, chargé de recherche matières premières chez Saxo Bank. Fondamentalement, l'Opep ne peut pas laisser le pétrole s'établir durablement au-delà de 55 dollars. À ce niveau, le pétrole de schiste américain redevient rentable, et il est en train de revenir sur le marché. L'Opep ne l'emportera pas à long terme. Néanmoins, elle retarde au maximum le retour de ses concurrents.

Bien qu'il existe des scenarii multiples, la majorité des prévisionnistes indiquent que la demande en énergie primaire commerciale ne va pas ralentir, mais au contraire doubler d'ici à 2030, selon Pierre-René Baquis, ancien directeur de la stratégie et de la planification de Total, qui s'efforce de remettre les choses en perspective. Tendanciellement, les prix du pétrole ne sont jamais ni très élevés, ni excessivement bas. Prévoir avec exactitude le prix du baril de pétrole est un exercice impossible. Mais des prix de 100 dollars relèvent de l'anomalie. Il y a une régulation par le marché, un baril trop cher provoquant des crises qui amenuisent la demande, et font rebaisser le prix payé au producteur. Quand le prix redescend, les acteurs privés ne voient plus l'utilité d'investir dans des économies d'énergie, donc la dépendance au pétrole se prolonge.

Le prix du pétrole, aurait expliqué le professeur Pierre-René Baquis à l'Institut français du pétrole, ce sont des coûts d'exploration, de développement et de production, qui représentent quelques centimes à la pompe, 7 cents pour 10 dollars supplémentaires. Ils vont de 4 euros par baril au Moyen-Orient, jusqu'à 12 dollars en Sibérie. Ce sont ensuite des rentes et des taxes prélevées par les Etats propriétaires des gisements, dans le cadre des accords de partage signés avec les compagnies. Plus à l'arrivée des taxes sur la consommation, telles que le TIPP. Le bout du cycle a pris plus d'importance avec les choix de politiques publiques de lutte contre le changement climatique. Les fondamentaux sont là.

En attendant, les conclusions du rapport mensuel de l’AIE pèsent sur les cours de l’or noir à nouveau en berne ce jour après une semaine de tendance haussière. Depuis le début de l’année, le Brent affiche toutefois toujours une hausse de près de 29% après être tombé jusqu’à 27 dollars au début de l’année.

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