Régulation / Concurrence / Régulation / Gouvernance - rémunérations
Régulation / Concurrence
Régulation / Gouvernance - rémunérations
Loi Macron et retraite chapeau : le bon grain de l’ivraie
Habitués à relever les mauvaises pratiques afin d’essayer d’y mettre fin, Proxinvest distribue aussi les bons points aux premiers de la classe. Ainsi, à l’occasion de la présentation ce matin de son rapport sur les assemblées générales des sociétés cotées françaises pour la saison 2015, les conseillers en vote ont mis en avant le cas Legrand. En effet, le groupe industriel s’est notamment démarqué sur les questions de rémunérations. Domaine cher à Proxinvest, qui en a profité pour rappeler ses exigences en la matière pour les AG 2016.
Les enseignements de son rapport sont multiples. Parmi eux : le taux de contestation moyen d’une résolution est passé de 4,76% en 2014 à 6,36% en 2015 au sein du CAC 40. En tout, 39 sociétés (sur les 332 étudiées au sein du CAC 40, SBF 120 et CAC All Tradable) ont fait l’objet d’un rejet de résolution et 64 résolutions, au total, auront été rejetées ou retirées du vote, contre 35 rejets en 2013 et 56 en 2014. Et Proxinvest estime que ce chiffre aurait été plus important si les droits de vote double -mesure que dénoncent avec vigueur les auteurs de l’étude- n’avaient pas été en place. Les propositions qui n’ont pas fait l’objet de l’approbation des actionnaires portent sur les dispositifs anti-OPA (23%), le risque de dilution (20%) ou encore sur les plans de rémunération sous la forme d’options ou d’actions gratuites (20%).
D’ailleurs, sur ce volet rémunérations, le taux de validation moyen lors des « say on pay » a baissé de 91,96% en 2014 à 87,42% au sein du CAC 40. Plus précisément sur la question des retraites chapeau, Proxinvest note la transparence et apprécie l’abandon du régime de retraite supplémentaire et de l’indemnité de non concurrence de Gilles Schnepp, PDG de Legrand. L’homme a ainsi respectivement renoncé à 347 100 euros et à 50% de la moyenne mensuelle de son fixe et de son variable durant 2 ans. Il a gagné 1,76 million d’euros, soit 89 SMIC. Ce qui reste en-dessous de la médiane des rémunérations totales des dirigeants du CAC 40.
A l’inverse, Proxinvest dénonce l’exemple de Schneider Electric. Selon ses propres estimations, les régimes de retraite de 16,5 millions d’euros de Jean-Pascal Tricoire (PDG) et de 8,5 millions d’Emmanuel Babeau (DG délégué) ont été remplacés par un nouveau complément de rémunération à épargner pour la retraite, finalement quasi identique au précédent pour la société, avec respectivement 14 millions et 9,8 millions d’euros. Proxinvest restera vigilante pour que la mise en place de la loi Macron sur le renforcement de l’encadrement des retraites chapeau lors des prochaines AG ne soit pas contournée.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

