Entreprises / Actions / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Actualité des sociétés
AccorHotels/Air France-KLM : risques et bénéfices
AccorHotels a publié hier un communiqué de quelques lignes sur le sujet. Avec toutes les précautions qui s’imposent, le groupe hôtelier a confirmé réfléchir à une prise de participation minoritaire au capital d’Air France-KLM. L’entreprise rappelle avoir eu, à plusieurs reprises ces dernières années, des discussions avec la compagnie aérienne afin de « bénéficier d’une offre enrichie de services autour de la mobilité à travers le monde ». Ces réflexions, qui comportaient un volet actionnarial, ont repris. « Il n’existe aucune certitude sur le fait que ces initiatives donneront lieu à un quelconque accord ou une quelconque mise en œuvre. AccorHotels informera le cas échéant le marché dans l’hypothèse de développements le rendant nécessaire », ajoute le communiqué.
Pour mémoire, hier Les Echos ont indiqué que l’Etat français envisagerait de se défaire « de tout ou partie » de ses 14,3% au capital d’Air France-KLM. Un mouvement qui advient alors qu’Air France-KLM a perdu son patron permanent, dans le cadre de la crise qui secoue la compagnie aérienne. Selon le média, trois options seraient envisageables si l'hypothèse se confirmait : que l’Etat cède la totalité de sa participation, qu’il ne vende qu’une partie ou que soit mis en place un « swap » qui permettrait à l’Etat de recevoir des actions AccorHotels en échange de ses titres Air France-KLM. La dernière possibilité serait la plus avantageuse : elle permettrait au groupe de Sébastien Bazin de peser un peu plus face à son actionnaire chinois, Jin Jiang. Tandis que de son côté, l’Etat aurait un droit de regard sur les deux entreprises, tout en se sortant de l'ornière actuelle.
Comment les marchés accueillent-ils la nouvelle ? Si Accor perd plus de 6% en ce début d’après-midi, le titre Air France-KLM est à la fête, avec un gain d’environ 6% également. Les analystes semblent mitigés sur cette potentielle opération, qui permettrait de créer un géant du voyage en Europe, notamment avec des offres combinées hôtel + vols. « Nous pensons que l'opération fait du sens pour Accor, qui renforcerait ainsi son empreinte dans l'industrie du voyage et intensifierait l'écosystème de la marque dans le sillage d'initiatives récentes prises par le groupe hôtelier », explique Raymond James.
« Les deux groupes opèrent sur le même marché du tourisme mondial et (...) ont une typologie de clients très similaires (...) AccorHotels bénéficierait clairement du savoir-faire d'Air France en matière de 'yield management', de e-commerce ou de programmes de fidélité », renchérit Oddo. Les analystes poursuivent sur la sortie de l’Etat qui « offrirait l'avantage de permettre de vraies réformes et de positionner la compagnie aérienne sur des standards équivalents à ceux des leaders du secteur ».
Outre la question de la concurrence ou des prix des pétrole, « une prise de participation irait à l’encontre de la logique récente du groupe d’hôtellerie qui a cherché à dégonfler ses actifs », souligne pour sa part Grégoire Laverne, gérant chez Roche-Brune Asset Management. Pour sa part, Bryan Garnier se montre peu enthousiaste quant à une prise de participation d’AccorHotels dans Air France -KLM : « Alors que nous sommes particulièrement circonspects quant à un accord éventuel (pour une prise de participation), un partenariat pour développer de nouvelles offres ou services, ou pour mélanger les programmes de fidélité pourrait être une bonne idée ». Les options et les avis sont sur la table. A voir maintenant quels seront les arbitrages de l'Etat.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

