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La disparition programmée du Libor: l'énorme problème à régler d'ici à 2021
L’actualité s’est révélée dense ces cinq dernières années au sujet des taux interbancaires Libor et Euribor. Et pas pour une bonne raison : plusieurs grandes banques ont été prises en flagrant délit de manipulation du niveau de ces deux références et celles-ci ont toujours maille à partir avec la justice qui les a soit condamnées à de fortes amendes, soit s’y prépare.
Mais le pire est peut-être en train de se préparer autour de ces indices puisqu’il est question de les supprimer pour mettre en place d’autres instruments, plus sécurisés, mais loin de faire l’unanimité auprès des financiers mondiaux. C’est dans ce contexte que la Financial Conduct Authority (FCA) britannique a récemment appelé au remplacement d’ici à la fin 2021 du Libor et ses taux de référence du marché monétaire des principales devises internationales (Euro, US dollar, Livre, Yen et Franc suisse), alors que des projets de remplacement sont également à l’étude pour l’Euribor. « Un remplacement qui met en risque la majorité des contrats de financement des entreprises », fait remarquer le cabinet de conseil en financement Redbridge, lors de la présentation d’une étude sur l’état du marché français.
Selon les chiffres repris par le cabinet et provenant d’ICE Benchmark Administration, le Libor sert actuellement de référence à près de 350.000 milliards de dollars de dérivés et de financements (bancaires et obligataires). C’est le chiffre « le plus important du monde ! », commentent les experts de Redbridge. Alors que de son côté, l’Euribor sert de référence à 180.000 milliards d’euros de contrats, selon les statistiques de la Commission Européenne.
Raison pour laquelle nombre de professionnels commencent d’ores et déjà à regarder comment ils vont pouvoir procéder sans l’appui de ces fameux outils. De fait, plusieurs pistes sont envisagées pour les remplacer : l’utilisation des indices Repo (« secured »), du JJ (jour le jour) de type EONIA ou SONIA ou enfin l’élargissement à des transactions allant au-delà des opérations interbancaires (prêts corporate). L’idée principale étant que chaque pays se réapproprie ses lignes de crédit. « L’éventualité d’un remplacement d’indices 'unsecured' (où les banques se prêtent en blanc) par des indices 'secured' est discutable. Si le marché américain du Repo est d’une profondeur abyssale et se compose de titres homogènes, le marché euro n’affiche pas les mêmes qualités », analyse Redbridge pour qui l’importance du sujet rend une intervention des pouvoirs publics indispensable.
Vu les enjeux en question, il semble effectivement urgent de trouver d’ici à quatre ans une alternative sûre et susceptible de satisfaire tous les besoins. Sachant que les contrats basés sur le Libor, signés aujourd’hui mais dotés d’une maturité allant au-delà de 2021, poseront forcément problème. Un casse-tête pour toute la finance mais aussi pour bon nombre de juristes.
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