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Le Qatar et le chinois HNA dans le viseur de la BCE ?
Voila qui pourrait mettre de l’huile sur le feu. Et Deutsche Bank n’a pas besoin de ça, au moment ou la banque allemande sort la tête de l’eau après une année 2016 agitée. La Banque centrale européenne, le régulateur des banques en Europe, s’apprêterait, selon le journal allemand Süddeutsche Zeitung, à lancer un contrôle sur les deux principaux actionnaires de la banque allemande : la famille royale du Qatar et le conglomérat chinois HNA. Une information confirmée par une personne proche du régulateur à Reuters qui lui a indiqué qu’« il est en effet exact que la BCE passe en revue ou qu'elle envisage de passer en revue l'actionnariat ». Une procédure réservée normalement à des actionnaires ayant plus de 10% du capital, ce qui n’est pas le cas en l’espèce, puisqu’aucun des deux actionnaires visés ne dépasse ce seuil, même s’ils en sont proches (9,9% pour HNA et autour de 9% pour la famille royale du Qatar).
Mais la BCE envisagerait de faire une exception à cette règle des 10% s’il est établi que les deux actionnaires exercent une influence significative sur la banque, même s’ils ont moins de 20% à deux. Or, chacun possède un siège au conseil de surveillance de la banque et peut donc de facto peser sur, voire bloquer, des décisions proposées par le conseil mais aussi lors d’assemblées générales. De manière générale, ce type de procédure de la BCE vise à s’assurer que les actionnaires du système bancaire européen sont fiables et ne peuvent entraîner de perturbations dans son fonctionnement. Si le résultat du contrôle s’avère négatif, la BCE peut interdire à l'actionnaire visé d'exercer ses droits de vote.
Dans le cas présent, la BCE semble s’interroger sur cette fiabilité actionnariale chez Deutsche Bank. L’objectif du contrôle serait de vérifier la solidité financière des investisseurs et l’origine des fonds. L’ombre du blacklisting du Qatar par ses voisins du Golfe semble ainsi arriver jusqu’en Europe, le pays ayant été mis à l’index pour des soupçons de financement du terrorisme. Du coté de HNA, c’est probablement son rôle croissant dans l’économie allemande qui inquiète, le conglomérat chinois ayant investi ces derniers mois dans différents secteurs du pays : l’aéroport de Hahn à coté de Francfort tout en montrant des marques d’intérêt pour la banque publique allemande HSH Nordbank, spécialiste du financement de fret maritime. Mais plus encore que de s’implanter dans le pays, le chinois investirait dans des banques allemandes dans le but de s’assurer ses financements en Europe, sans être soumis au contrôle des capitaux mis en place en Chine fin 2016. Une manière de détourner les règles chinoises qui semble interpeller l'autorité de régulation européenne.
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