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Lagardère/Paradies : la Bourse fait la moue
Les boursiers n’ont apparemment pas apprécié la volonté de Lagardère de continuer son expansion en Amérique du Nord. Après l’annonce hier du rachat de l'entreprise américaine Paradies, spécialisée dans la distribution dans les aéroports, pour un montant de 485 millions d'euros, le groupe français est pénalisé à la Bourse de Paris : l’action perd actuellement 2%. Ce rachat est effectué via la filiale Lagardère Travel Retail et permet à l'entreprise française d’acquérir 100% du capital de Paradies auprès du fonds d'investissement Freeman Spogli & Co, son actionnaire majoritaire, et de la famille Paradies.
D’un point de vue stratégique, Lagardère continue de concentrer sa branche Lagardère Services (rebaptisée en juillet Lagardère Travel Retail) sur la vente en aéroports et en gares et tente ainsi de redynamiser cette branche à la recherche d’un second souffle (son chiffre d’affaires s’est inscrit en repli de 11,4 % en données brutes au premier semestre). L’objectif de cette acquisition est de créer un acteur majeur sur le marché nord-américain du « travel retail » représentant environ 7 milliards d’euros, avec une forte position concurrentielle (présence combinée dans environ 100 aéroports), dans un marché encore relativement fragmenté mais porté par la croissance du trafic et l'expansion des espaces commerciaux dans les aéroports, a précisé le groupe dirigé par Arnaud Lagardère.
En effet, Paradies, créé en 1960, apportera au Français sa présence dans 76 aéroports par le biais de concessions. Le groupe américain affiche de belles performances avec un chiffre d'affaires consolidé de 515 millions de dollars (471 millions d'euros) et un Ebitda de 12% au cours de l'exercice 2014-2015 : « Cette acquisition transforme la présence de Lagardère Travel Retail en Amérique du Nord. Elle renforce significativement notre activité, nous permet d'étendre notre portefeuille de concessions et de développer les relations avec nos fournisseurs et marques partenaires ».
L’inquiétude des investisseurs provient pour l’essentiel du financement de l’opération : le rachat serait payé en numéraire par Lagardère Travel Retail, via un prêt relais, puis refinancé par la suite, selon les conditions de marché. L'endettement net du groupe était déjà en hausse de 482 millions d’euros au premier semestre par rapport au 31 décembre 2014 à 1,4 milliard d’euros.
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