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Brexit : un enregistrement pré référendum met en cause l'honnêteté intellectuelle de Theresa May
Voilà qui devrait mettre la premier ministre britannique en difficulté alors qu'elle tente de poser les jalons des négociations destinées à faire sortir son pays de l'UE. Selon un enregistrement dont le transcript a fuité dans la presse britannique, Theresa May n'était il y a pas si longtemps encore, pas du tout favorable au retrait de la Grande-Bretagne du marché unique. Le 23 mai, lors d'une conférence en interne organisée par Goldman Sachs à Londres où Theresa May, alors secrétaire d'Etat aux affaires intérieures était la principale oratrice, celle- ci avait alors déclaré que "les arguments économiques plaidaient clairement en faveur d'un maintien du Royaume-Uni dans l'UE". "Faire partie d'un bloc commercial de 500 millions d'habitants est un atout important pour notre pays", avait-elle ajouté.
Des propos dont l'opposition et les partisans du maintien dans l'UE se sont immédiatement emparés, alors que la premier ministre a adopté début octobre un ton résolument différent au sujet des négociations. Lors de la conférence annuelle du parti conservateur, Theresa May a ainsi refusé de faire du maintien dans le marché unique une priorité, estimant que le contrôle des frontières passait avant. Or Bruxelles a fait savoir que l'accès au marché unique serait conditionné au respect de la liberté de circulation des personnes...
Tim Farron, leader des libéraux démocrates a ainsi déclaré aujourd'hui qu'il était "déçu que Theresa May n'ait pas le courage politique d'avouer en public ce qu'elle avait expliqué en privé à un groupe de banquiers sur les effets dévastateurs du Brexit". De même Phil Wilson, député et représentant du groupe Open Britain a t-il dénoncé le double jeu de la premier ministre : "il est rassurant de savoir qu'en privé, Theresa May pense ce que nombre d'entre nous pensons depuis longtemps- à savoir que le retrait du marché unique serait mauvais pour les entreprises et l'économie".
La premier ministre a en effet également déclaré lors de cette conférence de mai que le départ de l'UE entraînerait celui de nombreuses entreprises, qui préféreraient assurer leur présence sur le Vieux Continent que de s'isoler d'une zone commerciale fructueuse. Theresa May a également affirmé en mai que la sécurité du Royaume-Uni serait mieux assurée au sein de l'UE, notamment grâce à la politique d'échange d'informations, aux mandats d'arrêts...
La révélation de ces propos post-Brexit tombe mal alors qu'un nouveau rapport publié par le think-tank The Resolution Foundation a estimé que le ralentissement économique lié au Brexit entraînerait de moindres rentrées fiscales de l'ordre de 84 milliards de livres l'an prochain, et que le budget serait déficitaire jusqu'en 2020 au moins.
L'enregistrement fait d'autant plus grincer des dents la classe politique britannique que l'actuelle premier ministre s'est toujours gardée de prendre position sur le sujet lorsqu'elle était ministre de l'intérieur sous Cameron, refusant de participer à la campagne anti Brexit menée par Craig Oliver responsable de la communication de l'ex-premier ministre...
La réponse du 10 Downing Street suite à ces révélations est la même que la ligne adoptée par Theresa May depuis qu'elle a endossé le poste : à savoir que le peuple anglais a voté en faveur d'une sortie et qu'il est donc désormais nécessaire de faire de cette sortie un succès, en profitant des nouvelles opportunités offertes par le nouveau contexte...
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