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Krach pétrolier : probablement une menace pour la reprise américaine 

Alors que le Brent est désormais passé sous la barre des 28 dollars le baril, certains analystes estiment que l’exposition américaine au secteur pourrait se propager à l’ensemble de l’économie. Ce n’est pas l’avis d’Oddo.
New York - Etats-Unis - USA
New York - Etats-Unis - USA

Le pétrole a atteint un nouveau plus bas ce matin, alors que la levée des sanctions contre l’Iran ce week-end a confirmé l’arrivée d’un nouveau producteur sur un marché de l’or noir déjà saturé. Le Brent s’échangeait ainsi à 28,8 dollars le baril en milieu de matinée, en baisse de plus de 1% depuis le début de la journée, augmentant les craintes de contagion à l’ensemble de l’économie américaine, alors que les banques sont relativement exposées au secteur. La semaine dernière, Crédit Suisse estimait que les banques US allaient annoncer des résultats en baisse de 15% sur le quatrième trimestre pour leurs activités de trading et de dette en raison de l’effondrement de l’or noir. Selon un rapport des régulateurs américains publié sur le site de la banque centrale américaine, les encours de crédit au secteur pétrolier représentaient ainsi 275 milliards de dollars en 2014, dont 35 milliards de prêts douteux. Si on y ajoute la dette sur les marchés, l’estimation de l’exposition totale au secteur de l’or noir atteint les 500 milliards de dollars selon les calculs d’Oddo.

Pour autant, si le secteur financier américain sera certainement affecté par le krach pétrolier, le risque de propagation est nettement plus faible que lors de la crise des subprimes en 2008, estime Oddo. Ainsi, en 2007, le montant total de ces prêts hypothécaires à risque représentait 1300 milliards de dollars et les prêts immobiliers des banques étaient de 3460 milliards.

Autre différence de taille entre la crise de 2008 et la situation actuelle, la qualité et la complexité des crédits : l’exposition au secteur pétrolier porte en effet sur des prêts bancaires ou obligations standards alors que l’exposition aux subprimes avait été diffusée à l’ensemble du secteur financier via des outils complexes très leveragés et pourtant bien notés. « Des sociétés pétrolières et parapétrolières feront défaut aux Etats-Unis mais la contagion par le canal financier n’a rien de comparable », explique encore le courtier. L’économie américaine sera également moins impactée que lors de l’effondrement du secteur immobilier en 2008 puisque la construction représentait près de 5% du PIB du pays, contre 1,8% pour l’ensemble du secteur pétrolier et gazier.

Enfin, tout le pays n’est pas affecté au même degré par la baisse des cours du pétrole et seuls quelques Etats sont concernés : ainsi 85% de l’activité dans le secteur est effectuée dans 8 Etats qui ne représentent que 15% du PIB américain. En 2006, la bulle immobilière a concerné l’ensemble du territoire et tout le pays a donc souffert au moment de l’explosion de la bulle. « En l’absence de canaux de contagion clairs, la croissance américaine ne devrait pas fléchir à cause du Texas ou de l’Alaska », conclut Oddo. La réserve américaine devrait en tous cas se montrer très prudente dans le rythme de relèvement de ses taux cette année, afin de ne pas inquiéter les marchés ni pénaliser une reprise qui sera tout de même plus faible que prévu dans le contexte de chute des cours pétroliers.

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