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AMF : in vino no veritas
Le vin et la Bourse feraient-ils mauvais ménage ? Plusieurs initiatives ont vu le jour ces dernières années afin de concilier les deux. Dont celle d’un fonds spécialisé dans l’achat de grands crus par la Financière d’Uzès ou celle d’U’Winevest spécialisé dans les grands crus primeurs sous mandat de gestion. Aujourd’hui, l’AMF a pourtant requis 350.000 euros d'amendes contre la société de vente de vins en ligne 1855 et son ex-dirigeant Emeric Sauty de Chalon, épinglé pour ses publications financières entre 2010 et 2012. Cette société, cotée en Bourse et rebaptisée par la suite Heraclès, a été placée en liquidation judiciaire en janvier 2015 après de graves difficultés financières, liées notamment à son modèle économique.
1855 vendait des grands crus de Bordeaux en primeur à ses clients, à savoir peu après la récolte alors que le vin est encore en vinification, mais ne les livrait que deux ans après au moment de la mise en bouteille. Le problème est que la société voyait parfois le prix des bouteilles s'envoler en deux ans et devait donc les acquérir auprès du producteur à un coût bien supérieur à celui facturé aux clients. Dans certains cas, le vin n'était même plus disponible. La société a par conséquent dû faire face à de nombreux litiges et a vu sa situation financière se dégrader, d'autant que son principal actionnaire, la famille Bettencourt, via le mari de Françoise Bettencourt-Meyers, s'est désengagé en 2011 après avoir injecté 10 millions d'euros.
L'Autorité des marchés financiers (AMF) a quant à elle ouvert une enquête début 2012 portant sur l'information financière de la société. Plusieurs griefs ont été retenus dont celui de non-respect d'une communication exacte, précise et non trompeuse, concernant des communiqués de presse de résultats. Au vu de ces griefs, la représentante du collège de l'AMF a demandé 200.000 euros d'amende contre la société et 150.000 contre son ex-dirigeant M. Sauty de Chalon, lors de l'examen public du dossier devant la Commission des sanctions. Pour sa défense, Emeric Sauty de Chalon a estimé que l'AMF avait procédé à une "très très belle réécriture de l'histoire", insistant sur le fait que la situation du groupe n'était pas la même il y a cinq ou six ans, notamment avant le retrait des actionnaires majoritaires.
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