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Macro-économie
Les risques se dissipent sur les marchés émergents
Rappelez-vous : en janvier dernier, les analystes s’épuisaient à lister les facteurs de risque sur les marchés, tandis qu’en France on parlait du pire début d’année depuis l’an 2000. Pourtant, ces derniers mois, les principales préoccupations semblent s’être estompées, et pour cause : pour Christian Deseglise, Head of Central Banks pour le Groupe HSBC, la tempête est derrière nous, pour l’instant.
Tout d’abord, l’allègement du discours de la Fed, en ne promettant plus que 2 hausses de taux, a relâché la pression sur le dollar, et les devises émergentes à sa suite. Un bol d’air, soutenu par l’arrimage du renminbi sur un panier de devises variées.
Une décision avisée des autorités chinoises qui n’ont pas fait appel à la dévaluation, tandis que la Russie et le Brésil, en laissant s’effondrer leurs devises, n’ont pas pioché dans les réserves, et ont ainsi permis d’équilibrer les balances commerciales. A présent, avec un ralentissement de l’inflation, les taux réels sont suffisamment élevés pour permettre aux pays émergents d’assouplir leurs politiques monétaires.
Mais non content d’avoir traversé les bourrasques, les marchés émergents affichent désormais une plus grande vigueur que les pays développés. Ainsi, depuis la mi-janvier, les marchés actions y ont progressé de 18%, contre seulement 2% pour les européens. En outre, les indices PMI sont en hausse constante depuis la fin de l’année dernière, tandis qu’ils déclinent depuis la mi-2015 dans les pays développés.
Cette reprise confirme une tendance historique forte, celle d’une solide capacité de récupération des actions émergentes après les chocs. Ainsi, après 2008, il ne leur avait fallu que deux ans pour retrouver leurs performances d’avant-crise. « Je ne serais pas surpris que nous soyons à la veille d’un nouveau cycle de croissance importante dans les marchés émergents », estime Christian Deseglise.
Et tandis que la Chine amorce sa transition économique, cette croissance provient déjà de voisins en plein rattrapage. Ainsi, l’Inde a passé le cap des 2 000 milliards de dollars de PIB, tout en ayant encore une devise bon marché. « L’Inde est dans la situation de la Chine d’il y a 10 ans », note Christian Deseglise. Elle pourrait suivre un « processus à la chinoise », avec une croissance atteignant rapidement 13% à 15% par an, en nominal.
Mais gare toutefois aux différences profondes de son modèle économique. L’Etat est beaucoup moins présent, l’économie moins planifiée, la décision bien plus décentralisée. Le pays manque d’investissements à long terme que la Chine avait su opérer, dans les infrastructures ou l’éducation, mais aussi l’industrie où les lois indiennes sont encore très contraignantes. Mais après tout, le pays a encore 10 ans devant lui…
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