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Sur les marchés
Quels risques cet été sur les marchés financiers ?
Les marchés ne partent jamais en vacances. Mais, les volumes étant généralement moins importants pendant l’été, la moindre information sensible peut faire basculer les places financières. Les analystes de BNP Paribas ont donc listé les principaux facteurs à surveiller de près cet été, et comment se couvrir au mieux contre un éventuel effondrement des marchés.
Selon BNP Paribas, les risques seront principalement d’ordre géopolitique cet été: « les crises politiques actuelles peuvent avoir des effets négatifs sur la croissance des émergents, principalement via les échanges commerciaux et l’évolution des prix des matières premières», expliquent-ils.
Ainsi, la crise en Russie et en Ukraine pèsera essentiellement sur la croissance de la zone Europe centrale et de l’Est via la réduction de ses importations et des transferts privés. Les Etats de la CEI et les pays baltes pour qui la Russie et l’Ukraine représentent 10% de leurs exportations combinées, seront sans doute les plus affectés si la crise empirait. Selon les dernières estimations de la Banque mondiale, une réduction du taux de croissance de 7 points de pourcentage en Ukraine et 1,7 pts en Russie entraînerait une diminution de 0,2 pts pour a zone Europe et Asie centrale. Ce qui, selon BNP Paribas, est «relativement élevé par rapport au choc initial ».
La crise ukrainienne pourrait potentiellement déstabiliser les prix mondiaux de l’énergie et des céréales cet été puisque le gaz russe transitant par l’Ukraine représente plus de 70% de la consommation de gaz de la plupart des pays d’Europe centrale et orientale (à l’exception de la Pologne) et 15% de l’approvisionnement des pays européens. Par ailleurs, la Russie et l’Ukraine comptent à eux deux 11% et 5% respectivement des exportations mondiales de blé et l’Ukraine 16% des exportations de maïs. Des perturbations sont donc possibles même s’il serait étonnant que des sanctions directes soient mises en place.
La crise irakienne constitue une autre source possible de perturbation des prix mondiaux du pétrole cet été, sachant que l’Irak est le deuxième producteur de l’OPEP. Pour l’instant le conflit a surtout gêné l’approvisionnement interne du pays mais n’a pas affecté les exportations, bien que le prix de l’or noir soit légèrement monté. Mais « compte tenu du risque de crise durable et de la dimension régionale du conflit », les pressions sur les prix du brut pourraient persister.
Autre risque à surveiller cet été, celui d’un nouveau coup de froid sur l’économie chinoise. Selon BNP Paribas, « les facteurs structurels du ralentissement en Chine, la marge de manœuvre très étroite des autorités du fait de risques de crédit élevés dans l’économie et la correction du marché immobilier pourraient limiter le redressement prévu ». Mais à court terme, c’est surtout la dynamique du marché immobilier qui devrait être déterminante pour l’économie du pays. Si les autorités maintiennent une orientation restrictive de la politique immobilière, la correction des marchés sera plus longue que prévue et l’impact sur l’économie réelle violent. Les autorités pourraient au contraire ajuster la politique de crédits à l’immobilier et ainsi stabiliser le secteur sans trop peser sur la croissance. Mais dans ce cas, l’ajustement de la dette serait beaucoup plus lent.
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