Brexit : le site d'inscription crashe une demi heure avant la deadline
L'incident fait la Une des journaux et radio britanniques ce matin. Alors que les citoyens du Royaume-Uni avaient jusqu'à hier soir minuit pour s'inscrire en ligne afin de pouvoir se rendre aux urnes le 23 juin prochain et se prononcer sur l'appartenance de leur pays à l'UE, le site officiel a connu des défaillances, 45 minutes avant la fin des enregistrements. L'afflux massif d'internautes de dernière minute aurait entraîné le plantage d'Aboutmyvote.co.uk et plus de 25 000 personnes ne seraient pas parvenues à s'inscrire à temps.
Or, comme le précise le site ce matin, les inscriptions sont désormais closes et ceux qui ne se seront pas enregistrés avant hier, n'auront pas le droit de se prononcer sur le Brexit. Plus de 500 000 britanniques se sont inscrits hier, dont 132 000 personnes âgées de moins de 25 ans. Certains estiment que c'est sans doute cette tranche d'âge qui a le plus été pénalisée par les défaillances du site, ce qui est regrettable pour le camp de David Cameron, puisque les jeunes sont majoritairement en faveur du maintien de leur pays dans l'UE.
Du coup, de nombreux députés réclament depuis ce matin une extension de la période d'inscription. La travailliste Gloria de Piero a estimé que le gouvernement devait absolument prolonger les enregistrements sur le site, de même qu'Yvette Cooper, qui a déclaré sur son compte twitter, que le gouvernement ne pouvait pas "dénigrer de la sorte le droit de vote des citoyens britanniques". Le leader libéral démocrate, Tim Farron, a de son côté affirmé qu'il était "impensable que plusieurs milliers de personnes, en grande partie des jeunes, soient privées du vote le plus important du pays pour les générations à venir, simplement en raison d'un problème technique". Même discours de la part de Nigel Farage, le leader du parti pour l'indépendance du Royaume-Uni UKIP, qui s'est opposé hier sur ITV à David Cameron au sujet du Brexit. Selon le sondage du site du Daily Telegraph, le leader europhobe a malheureusement emporté le débat face au premier ministre, notamment sur le sujet de l'immigration, dont Nigel Farage a fait son principal argument.
La commission électorale responsable de l'organisation du referendum a malgré tout décrété ce matin que la date limite et l'heure d'enregistrement ne pourraient être repoussées car elles étaient fixées par la législation du pays. Le gouvernement ne devrait donc a priori pas revenir sur sa décision. De nombreux citoyens européens ont demandé la naturalisation ces derniers mois afin de pouvoir se rendre aux urnes, et devraient se prononcer en faveur du maintient le 23 juin prochain. Selon un site de conseils aux expatriés francophones, les demandes de naturalisation ont ainsi grimpé de 50% ces trois derniers mois. Sur le site de paris en ligne Betfair, le camp du maintien du pays dans l'UE est toujours en tête, avec une probabilité de victoire autour de 72% contre 28% seulement pour un Brexit.
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